Face à la mer
Ouessant
© Yann Erwan PAVEG
Illustration : © Ile d'Ouessant (Finistère)
Yann Erwan Paveg (1959-aujourd'hui)
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Face à la mer

Face à toi, aujourd’hui, je m'enveloppe de ton souffle,
je cherche sur le sable doré les traces du passé.
Dans le café tout proche,
mon père attendait le soleil, à son lever et à son coucher.
Pris par sa magie,
il sirotait son café,
avalant le silence…
Ma mère, telle une Néréide,
se faisait l’aile du silence à ses côtés.
Poséidon avait oublié sa colère,
et la mer restait calme.
Face à toi, aujourd’hui, je m'enveloppe de ton souffle,
et je me sens si petite,
comme devant un dieu vivant…
© Mirela LEKA-XHAVA
Mirela Leka-Xhava (1966-aujourd'hui)
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Ma mer
Ce n’est pas la mer
C’est un estuaire
Dont le phare rocailleux
Pleure sa lumière
L’eau chante sa chanson
Hésite à respirer
Comme si chaque vague
Craignait de divaguer
Les oiseaux tournent bas
Leur cri racle le vent
Et la plage au loin
S’effiloche en silence
Elle garde dans ses plis
Les pas que j’ai laissés
Qui meurent un à un
Quand la marée chavire
Et le sel se mélange
Aux rumeurs de la terre
Où l’horizon se plie
Comme un souffle trop court
Ma mer ne dort jamais
Elle m’offre parfois
Dans un éclat d’écume
Des poussières de lune
Alors tout se suspend
Juste un battement d’eau
Qui ne dit rien
Et suffit pourtant
© Chris TALAZAC
Ma mer : en référence au phare de Vallières et à la plage de Saint-Goerges-de-Didonne en Charente-Maritime où je vais régulièrement.
Crédit photo : © Isabel (Passion Charente-Maritime)
La mer en hiver
Il pleut sur les rivages
Désertés
Et de nouvelles pages sont tournées
Les tourbillons d’été
Sont partis
Les rêves envolés
Se sont enfuis
La mer en hiver
Pleure solitaire
Les estivants s’en sont allés
Rejoindre leurs cités
Où septembre les attendait
Comme un vieil animal qu’on a délaissé
Presqu’oublié
Des fantômes s‘en vont
Et trépassent
On entend des chansons
Dans l’espace
Les bateaux ont quitté
Leurs attaches
Ils ne vont plus naviguer
Mais se cachent
La mer en hiver
Pleure solitaire
Le soleil a fait ses valises
Nous préparant d’autres surprises
Loin des grands vents des brises
Seuls les grands froids attisent
Les cieux de leur main-mise
La chaleur reviendra
Pour un autre été
Le ciel bleu sourira
De son œil apprêté
Ainsi vont les saisons
Pour les gens
Qui quittent leurs maisons
L’âme et le cœur contents
La mer en hiver
Pleure solitaire
Dessous ses vagues infinies
Il pleut aujourd’hui sur les flots
Avec leurs sombres eaux
On se reverra qui sait dans un an
Au gré des vents
Qui commandent comme le temps
© Michel MIAILLE
Poète, auteur de sketches et de pièces de théâtre, Michel Miaille est retraité du Ministère de l'environnement et membre de la SACEM. Il a obtenu plusieurs prix de poésie, notamment avec des poèmes en langue provençale, et participe à des anthologies. Il a publié plusieurs recueils.
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Sous le signe des poissons
Témoin du Nautilus et d’heures abyssales,
Je vis dans les eaux troubles des diodons ;
Poète et conque de Poséidon,
L’oracle fait parfois que je sois son vassal...
Enième Nemo, les anémones, mes sœurs,
Aiment mes poèmes divinateurs ;
Je lis l’avenir aux épaves des galions,
A l’œil des dugongs ; je suis un poisson.
Il m’arrive le soir, sur la grève, allongé,
D’une Milos lunaire au chaos volcanique,
De rêver, yeux béants, aux étoiles bibliques
Et prier que Vénus revoie la mer Egée…
© Etienne BUSQUETS
Etienne Busquets
Poète fénassol d'origine catalane (village de Lafenasse dans le Tarn), il est sociétaire des Amis de Jean Cocteau et membre des Poètes sans Frontières de Vital Heurtebize à Orange. Il a remporté plusieurs prix de poésie et collabore dans plusieurs revues et anthologies.
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Je te dirai la mer
Je te dirai la mer,
Et la houle et le vent,
Les algues de l’estran,
Et ses blancs coquillages
Ancrés sur les rivages.
Je te dirai la mer,
Avec ses verts rouleaux
Qui se lancent au galop
Sur le sable griffé,
Au rythme des marées.
Je te dirai la mer,
Ses furies, ses naufrages,
Et tous ses cris de rage
Face à tout ce béton
Cassant son horizon.
Je te dirai la mer,
L’onde et son clapotis
Qui adoucit la vie
D’un murmure envoûtant
Sur la traîne du temps.
Je te dirai la mer,
Mes rêves de dentelle,
Façonnés sur les ailes
D’étranges goélands
Aux envols de géants.
Je te dirai la mer,
Les soleils qui l’embrassent
Dans de chaudes caresses,
Les bleus et l’émeraude
Des matins en maraude.
Je te dirai la mer,
Les longs cheveux des algues
Enroulés sur les vagues,
Et le chant des sirènes
Séduisant les murènes.
Je te dirai la mer,
Quand l’âme s’enfuit,
En suivant la magie
Des gouttes d’embruns
Et de souffles lointains.
Je te dirai la mer,
Quand s’éteint la lumière,
Que la nuit, douce et claire,
En son voile d’argent
Berce le dernier chant.
© Marie MINOZA
Illustration : © Marie MINOZA, Valdoviño et Cap Breton.
Cette enseignante en école primaire a exercé dans les Deux-Sèvres puis dans la Vienne à Châtellerault. Tout au long de sa carrière, elle a aimé partager l’amour de la peinture, de la poésie et de la création avec ses élèves. Aujourd'hui à la retraite, elle partage ses écrits et ses créations d'images sur son blog. Tous les deux ans, elle contribue avec des amis poètes à la création d’un livre de contes et de poésies destiné aux enfants gravement malades… Elle participe également avec ses anciens collègues à un spectacle chorale, comédie musicale (création d'images et de montages power-point pour animer chants et mimes).
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Les chaises bleues (encore)

À Pierre GROUIX (1960-2025)
Et puis voilà que tu es mort aux reliances du temps comme un ami pas vu depuis de longues éternités à qui l’on a conservé l’amitié des heures d’abnégation celles ensagies pliées en deux au fond d’un tiroir de bureau sous les factures les mots d’amour les papiers de divorce et puis voici que me remonte ce souvenir où tu m’avais demandé d’écrire sur les chaises bleues ces chaises qui constellent la Promenade des Anglais à Nice et j’avais écrit un long poème qui parlait de mer d’horizon et de gens qui les regardent sans se lasser et puis voici que j’ai perdu ce texte ou bien égaré dans le fatras des jours qui poinçonnent le décompte des vies voici que les chaises bleues depuis lors ont été scellées au sol voici que les vagues roulent toujours dans leur flux incessant comme un rire infusé d'aveux et de secrets voici que ceux de mon poème qui regardaient la mer ont vieilli mais que leurs yeux se perdent encore dans les immensités dans le mouvement des vagues dans l’horizon qui promet des ailleurs perpétuels voici que les chaisières ont été effacées de la mémoire et de la nostalgie et que ce droit de séant est devenu loisir serait-ce par hasard ou par inadvertance voici que parfois plus rien n’apaise dans l’oubli des bleus sous les anesthésiques ce bleu du ciel ce bleu de mer les yeux bleus de ces femmes qu’on aura tant aimées que tu auras tant chantées et puis me voici assis ici à contempler les déliaisons de nos promesses et l’usure du roulis son obsédante monotonie sa rumeur répétitive voici que je me surprends à caresser la douleur que l’on a à offrir en la nommant amour pour refuser d’habiter sa propre existence et puis voilà que tu es mort il y a quelques jours et d’un coup je repense aux chaises bleues à la mer à l'horizon et aux gens qui les regardent sans lassitude.
© Martin ZEUGMA
Pierre GROUIX, écrivain, enseignant, poète, a été le professeur de fac de Martin Zeugma.
Martin Zeugma
Né au milieu des années 1970, Martin Zeugma a commencé à écrire à l'âge de 13 ans sur la machine à écrire à ruban de sa mère, qui enseignait le secrétariat. Il n'a jamais arrêté, même s'il a souvent changé de machine. Depuis 1997, il a publié dans 80 revues francophones (France, Belgique, Suisse, Sénégal, Canada, Haïti, Cameroun) des poèmes, des nouvelles, et des études bio-bibliographiques (notamment sur Jean-Pierre Duprey et Paul Valet). Il a participé à plusieurs anthologies : une de nouvelles fantastiques aux éditions La Clef d'Argent, une de nouvelles érotiques aux éditions Alopex, et trois de poésie aux éditions Luna Rossa.
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Boléro

Agitée, et sans doute culpabilisant,
la mer ne put trouver le repos.
Elle songeait à tous ces migrants
disparus, impitoyablement absorbés
dans l’abîme d’une douleur sans nom,
d’un futur avorté, sans recours…
Son ventre était pesant
de tant d’âmes englouties,
de tant de peine infligée
aux survivants
chaque jour confrontés
aux tourments d’un futur orphelin
sous le signe d’un probable abandon.
Longue nuit d’insomnie
où les vagues insoumises
dansaient encore un boléro
incessant, monotone, entêtant,
de mise…,
doublé d’un violent crescendo,
répondant à l’écho
d’une peine ineffable
orchestrée par l’amer
que rien ne semblait
en mesure d’apaiser.
© Monique-Marie IHRY
Monique-Marie Ihry
Monique-Marie Ihry est née à Nancy. Après avoir fait des études de Droit et d’Espagnol, elle a longtemps exercé les fonctions d’enseignante et de rédactrice. Elle est auteure et également traductrice (espagnol/français), peintre-illustratrice. Auteure de romans, de poésie et de littérature jeunesse, elle a été primée à de nombreuses reprises, notamment pour sa poésie classique, néoclassique, sa poésie libre, libérée et sa prose poétique. Sa poésie a été récompensée par des prix prestigieux, dont Au jardin de bohême (Prix Jean Cocteau 2020). Elle est membre de la Société des Poètes Français (SPF), de la Société des Poètes et Artistes de France (SPAF) et de la Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM).
Textes de l'auteure sur le site :
→ Sans papiers - Concours POETIKA 2024
→ La fin d'amour - 3ème Prix Concours POETIKA 2022
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La tirade du Mont Saint-Grégoire

En des temps fort lointains, je servais de jalon,
En de bas-fonds marins, à la faune aquatique ;
D'incessantes marées et leurs rythmes nautiques
Façonnaient mes contours, je gagnais mes jalons.
Les baleines peuplaient tous mes siècles antiques.
Dans ce vaste bassin où gisent les filons,
La nature me fit l'empereur du vallon.
J'ai déjà joint la mer jusqu'à l'Adriatique.
Aujourd'hui je contemple à mes pieds l'autoroute
Au trafic accablant ; c'est ce qui me déroute.
Or voici qu'un poète en chantant son amour
Propulse mon sommet aux cimes du sonnet.
Un hommage agréé, j'y réponds par l'humour
Et trilles enjoués, digne des sansonnets.
© Marc-Yvan CUSTEAU
Photo © Marc-Yvan CUSTEAU, le Mont Saint-Grégoire est une colline située en Montégérie, Québec
Autres textes :
Les saisons de l'Orford
Virée parisienne
La grande dame de Paname
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Ils feront la vigie

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
En quête d'idéal, les hommes conquérants
Font face à l’inconnu, ses mers et continents,
Qu'importe les périls, les possibles naufrages.
Ils naviguent si loin, voient de beaux paysages,
Affrontent tant de grains, vêtus de leurs cabans.
Toutes voiles dehors, claquant sur les haubans,
Ils ont leurs rêves fous pour uniques bagages.
Merveilleux souvenirs dans leurs cœurs de marins :
Terre des vahinés où il fait si bon vivre,
Paradis tropicaux dont le parfum enivre...
De retour au pays, sans vagues ni embruns,
Ils se sentiront seuls avec leur nostalgie,
Et, face à l'océan, ils feront la vigie...
© Philippe PAUTHONIER
Après une carrière d'ingénieur, Philippe Pauthonier partage aujourd'hui sa vie entre la France et la Pologne, pays de son épouse. Cet élan entre deux pays, deux cultures et ses longs séjours dans la sérénité de la campagne polonaise, loin du monde et de son agitation, sont propices à sa créativité littéraire. Depuis sa retraite, il s'investit dans plusieurs associations oeuvrant au profit des Aveugles et Malvoyants. Mordu d'astronomie, il apprécie la communauté scientifique qui sait élargir le débat avec une réflexion globale, liant la science à une approche métaphysique et théologique. Philippe Pauthonier a publié dix recueils et reçu plus de 130 distinctions dans des concours de poésie.
Philippe Pauthonier est le Délégué Régional de la Société des Poètes et Arts de France (SPAF) pour la région de Normandie.
→ Entretien littéraire avec l'auteur
→ Voir tous ses textes sur le site
Découvrir son dernier recueil : → Dans les broussailles de mes émotions
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Face à la mer

© Samira JAOUHARI
Samira Jaouhari
Née à Marrakech où elle suit ses études primaires et secondaires, Samira Jaouhari décroche sa licence en littérature française, en 1987, à l ’université Cadi Ayyad et intègre le Ministère de l’Education et de l’Enseignement au titre d’enseignante de Français du second cycle.
Soucieuse d ’imprimer à son action pédagogique une dimension socialisante et artistique, elle devient membre de l’association ARTEM (Association de Recherche en Théâtre et Éducation Marrakech) puis du Club des Amis des Mouachahates (chorale spécialisée dans le chant arabo-andalou), dont elle devient présidente en 2020.
Ayant toujours porté à la poésie un amour particulier, elle rédige, en parallèle de son parcours, une série de poèmes imprégnés d’espoir, de passion et d’amour. Elle a publié deux recueils.
Autres textes :
Là où murmure le vent
Les couleurs hivernales
Seule avec mes mots
Les oiseaux de passage
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Bord de mer

Les nuages ne se lassent de courir à tous vents
Avec le soleil ils jouent à cache-cache
Puis sur l’onde paisible dessinent une gouache
Quand les oiseaux se rient des courants ascendants.
Des senteurs iodées parfument l’arc-en-ciel
Après chaque ondée quand la marée montante
Se plait à grabeler les galets pêle-mêle
Dans une agitation fiévreuse, pétulante.
Le phare sur la jetée fait de l’œil aux bateaux
L’océan se complait au rythme de la lune
Dans une ritournelle piaillée par les oiseaux
Il brasse son écume jusqu’au pied de la dune.
À l’heure de basse mer, méduses et coquillages
Se laissent mystifier par le doux clapotis
Les enfants qui farfouillent alors près du rivage
Font une collection de nacres assorties.
La mer vous en doutiez connait le goût du sel
La pinède se pique aux aiguilles des pins
Le sable s’éparpille en dunes envahissantes
Le phare se languit de son dernier gardien
Et les nuages passent sans se soucier du vent.
© Claude DUSSERT
Grabeler : trier
Poète, nouvelliste et pamphlétaire à ses heures, Claude Dussert est diplômé du Conservatoire d’Arts Dramatiques de Grenoble. Cadre commercial, il a créé sa société de communication « CBCD » en 1993 à Lyon. Il vit actuellement en Bourgogne, dans la région de Cluny. Éclectique dans ses lectures, sa passion pour la poésie l’a amené à être membre de nombreuses associations. Il participe activement à plusieurs anthologies de poésie et ouvrages collectifs ainsi qu’à des concours. Il a édité 9 recueils de poèmes sur plus de 22 écrits, une pièce de théâtre et deux recueils de pamphlets non édités.
Son dernier recueil Par des Chemins de Traverse est libre de lecture ou de téléchargement sur le site 'MonBestSeller.com'. Il a reçu de nombreux prix dont 2024 : Médaillé aux Jeux Floraux de Toulouse pour le 700ème anniversaire - Prix Jean Michel Renautour AIEL - 2ème Prix Jeux Floraux du Béarn et en 2025 : 2ème Prix aux Jeux Floraux de Sartrouville - 3ème Prix au Concours International de la SPAF Occitanie - Grand Prix International du Conseil Départemental du Loir et Cher décerné par AIEL (Académie de l'École de la Loire). Sans oublier en 2023 le Prix Spécial du Jury au concours Poetika.
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La mer

L'image qui me vient est celle d'un manège
Où tournent des chevaux blancs et noirs jour et nuit
D'un manège incessant qui monte et qui descend
Des chevaux hennissants que le vent éperonne
Qui trottent ou marchent au pas ou lancent des ruades
Des chevaux à bascule que chevauchent des enfants
© Alain HANNECART
Poète et écrivain français, Alain Hannecart est également professeur universitaire et chercheur en sciences de l’éducation.
Le Père Noël
Le masque de Zorro
La mer est un lotus de soleil

La mer est un lotus de soleil
où les vagues aux mille fleurs dorment majestueusement.
Les nymphes se balancent aux roseaux
en des songes solitaires.
Leurs ailes couleur de safran y puisent des voluptés insignifiantes.
Leurs tresses sont des flammes troublantes
qui consument mes nuits sous d’augustes figuiers.
Pleurez sirènes,
comme un fleuve qui geint aux sables gris !
Semez vos voiles de tourment aux eaux vives des sacrifices.
Quelles sont ces paroles qui chevauchent des écumes
pourchassant des rêves altérés ?
De collines en forêts
elles brûlent leur chevelure aux vents redoutables.
© Roland MUHLMEYER
Roland Muhlmeyer
L'estran

Entre terre et mer, l’estran se déploie.
Le sel, la nacre des coquillages craquent sous les pas.
Les empreintes demeurent sur le sable mouillé.
Des éclats d’ambre et de verre miroitent au soleil.
Des crabes en fuite s’accrochent aux algues brunes échevelées.
Les galets roulent. L’écume cabriole. L’huitrier-pie pépie.
Indécises, les laisses de mer, oscillant entre ancrage et partance, hésitent :
ballotées par le flux ou délaissées par le jusant ?
Entre terre et mer, sommes-nous, comme elles, égarées ?
Nos âmes dérivent, tiraillées entre la terre attachante et la mer séductrice.
Nos désirs vacillent, entre l’envie de rester et le besoin de partir.
© Annick PIPAUD
Illustration : L'estran, Annick PIPAUD
Professeur de mathématiques à la retraite mais artiste dans l'âme (peinture, photo, poésie...), Annick Pipaud écrit depuis son plus jeune âge. Elle a participé à plusieurs festivals de poésie.
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Regards sur la mer

La mer encor si bleue et les rochers si bruns
L’écho du chant des flots par la brise porté
Dans le parfum des pins, la vapeur des embruns
Préludent le coucher d’un grand soleil d’été
Étendue, immense en ses draps bleus
Elle expose ses mille facettes
D'azur minéral au gris des cieux
D'alizés au souffle des tempêtes
Dans cet azur parfait où glisse un goéland
Sur la crête des flots où danse un bateau blanc
Sur le sable doré une barque échouée
Ajoute à l’aquarelle un pastel enjoué
Camaïeu de bleus des jours de fête
Quand sur les flots danse le bateau
Au gris tourmenté du grand manteau
Quand le chagrin du ciel s’y reflète.
De doux reflets changeants auréolés d’écume
Glissent sur la houle qui ondule en grondant
Voici la mer hantée par Neptune au trident
Qui vient sacrifier l’instant qui se consume.
© Jacques BASHIERI
Couple au clair

L’écluse élève tant les amants qu’ils paraissent,
Sans souci de retour, la coque d’un navire.
Ils lèvent, l’un le foc et l’autre la misaine.
Le nautonier parfois s’oublie en pur nautile.
Les éléments tiennent entre eux. Les bras pressés
Sur les reins, alentour, la mer prend la couleur
Et la saveur des fruits. Le corps entier mûrit.
Le ressac compte peu. Le mât tire la nef.
À la nouvelle du plaisir, trempés de joie,
Tous deux ont dépassé ce que nul ne sait vaincre.
Toi, mon voyage au paradis, tu tends tes rives.
Je te rends des échos toujours plus habités.
Le bonheur s’agrandit jusqu’aux points cardinaux.
Nous resterons ensemble – en cendres sous le ciel.
© Pierre PERRIN
Pierre Perrin (1950-aujourd'hui)
Né en 1950, Pierre Perrin est un poète, romancier et critique littéraire français qui réside à Chassagne dans le Doubs. Il a publié une trentaine de livres depuis 1972. Manque à vivre, 1969-1984, postface d’Yves Martin, 1985, épuisé. Son recueil La Vie crépusculaire, a reçu le prix Kowalski à Lyon (1996). Une mère, Le Cri retenu, récit, Cherche Midi éditeur, 2001. Le Modèle oublié, roman, Robert Laffont, 2019. Des jours de pleine terre, choix de poèmes 1972-2022, Al Manar. Finis litterae, Hors-série de Possibles, juin 2024. Critique à La NRf dans les années 2000, il dirige la revue trimestrielle de littérature Possibles – 29 rue de l’Hôpital 39600 Arbois.
Autre texte : Roule ma mère
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Les couleurs de la mer

Les bleus de la belle bleue
déclinent leur palette
filigranée de blond, de noir
de céladon et d’émeraude.
Les nuages qui passent
s’impriment sur les flots
Le soleil au matin
laisse des traces jaunes
le soir en se couchant
de l’or à volonté.
La lune n’est pas dernière
à laisser son empreinte
surtout les soirs d’été
quand elle est bien lunée.
L’onde devient bleue nuit
sur une tenture de deuil
quand la lune s’éclipse
derrière le firmament.
L’écume près les étocs
tisse des colliers blancs
aux sautoirs ivoirins.
Paysages divins
aux pinceaux du poète
fantastiques couleurs
© Claude DUSSERT
Poète, nouvelliste et pamphlétaire à ses heures, Claude Dussert est diplômé du Conservatoire d’Arts Dramatiques de Grenoble. Cadre commercial, il a créé sa société de communication « CBCD » en 1993 à Lyon. Il vit actuellement en Bourgogne, dans la région de Cluny. Éclectique dans ses lectures, sa passion pour la poésie l’a amené à être membre de nombreuses associations. Il participe activement à plusieurs anthologies de poésie et ouvrages collectifs ainsi qu’à des concours. Il a édité 9 recueils de poèmes sur plus de 22 écrits, une pièce de théâtre et deux recueils de pamphlets non édités.
Son dernier recueil Par des Chemins de Traverse est libre de lecture ou de téléchargement sur le site 'MonBestSeller.com'. Il a reçu de nombreux prix dont 2024 : Médaillé aux Jeux Floraux de Toulouse pour le 700ème anniversaire - Prix Jean Michel Renautour AIEL - 2ème Prix Jeux Floraux du Béarn et en 2025 : 2ème Prix aux Jeux Floraux de Sartrouville - 3ème Prix au Concours International de la SPAF Occitanie - Grand Prix International du Conseil Départemental du Loir et Cher décerné par AIEL (Académie de l'École de la Loire). Sans oublier en 2023 le Prix Spécial du Jury au concours Poetika.
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À la fin du Finistère

Enfant frileux et froussard
j'aimais les brumes du large
et rêver les sirènes
elles étaient intrépides
bravaient les tempêtes
l'océan déchaîné
le sombre des profondeurs
J'étais d'un port
et toi d'une île
ils
elle
qu'importe
nous
de tribord
de bâbord
insulaire
continental·e
terre à mer
mer à ciel
ciel à mer
on savait l'océane traîtrise
mais l'amour était le même
pour l'infinie liberté
des vents
des vagues
des voiles
des chants
des fleurs de sel
des étoiles
de mer
dans le ciel et ton regard clair
un triskell au cœur
Les lames cassaient sur le Corz
et les corps tournoyaient
Une étoile de plus s'est mise à briller
ce jour où la sirène s'est noyée
Je reste un enfant
de maternelle
mes larmes à même saveur
vont toujours vers l'océan
© Henri BARON
Illustration : Pointe de la Torche, Finistère
Extrait de
Autobiopoèmes, Les couleurs de l'Hadès © Henri BARON
Henri Baron nait à La Rochelle en 1967.
L’écriture (poétique ?) lui est, depuis l’enfance, essentielle.
Pour lui, il n’existe pas une et unique définition de la poésie :
« La poésie est multiple.
Elle peut être lue silencieusement, lue ou dite à voix haute, chantée, dansée,
essinée, peinte, sculptée, théâtralisée, filmée.
La poésie est partage.
Partage de l'invisible, de l'inaudible, des sens enfouis.
Partage d'un pont bâti entre deux rives ou deux êtres.
La poésie est sensitive, solitaire ou collective, mais libre. Elle ne se marchande pas.
Elle ne s'épluche pas, ni ne se décortique. Elle ne s'explique pas, ou s'explique mille et une fois, de mille et une façons.
Elle source au cœur de tous les arts, elle les ressource.
Partage de vie, partage vital.
Essencielle. »
Après des études d'Histoire, il choisit le métier d'instituteur. Devenu en parallèle directeur de centres de vacances et de loisirs puis formateur d’animateurs et d’animatrices, il aime transmettre et partager son amour de la poésie. En 1992, il crée avec son ami Texieros le texte du spectacle "L’enfance et le funambule" (première à Sauxillanges) : https://youtu.be/LgdrogzeSuY.
Instituteur en Charente-Maritime jusqu’en 2000, bajocasse d’adoption, il travaille désormais à Paris comme directeur d’école et partage régulièrement ses Autobiopoèmes, fruits de ses multiples rencontres sur le blog : https://henribaron.wixsite.com/grabouillages.
En 2022, Magali Mo met en image quelques-uns de ses grabouillages ("Vidéopoèmes") : https://www.facebook.com/mo.fotografia.
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Vois le large là-bas

Vois le large là-bas
Et les vagues puissantes
Le ciel qui s'enflamme
Et mes pieds qui barbotent
Vois le reflet du monde
Tout autour qui clapote
Et ta main qui me guide
Et m'ouvre l'horizon
Garde l'instant précieux
Maman pour te chérir
Et mon cœur qui pour toi
Ne cesse de frémir
© Marc DESCAMPS
Illustration © Marc DESCAMPS
Professeur émérite de l'université de Lille, Marc Descamps se dit :
“ Physicien universitaire de profession
Mais poète de toujours et de cœur ”.
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La mer en face

J’aime la vue sur terre
Qui glisse sur la lame,
La course en solitaire
Et le vent dans les âmes.
J’aime le son de l’eau,
L’écume sur le sel,
La proue de mon bateau,
Sa voile comme une aile,
J’aime les paysages,
Qui vont, virent de bord,
S’aspergent de nuages,
Et de brume à tribord,
J’aime quand tout s’éloigne,
Que les îles s’effacent,
Et que bise m’empoigne
Pour me brûler de grâce.
J’aime le plus profond
De force et d’océan,
Et quand rugit de front
La vague des géants.
J’aime les sans retours,
Les champs d’immensité,
Grand largue tout autour,
Vue sur la liberté.
Aux vents des magnifiques…
Aux ciels filles de l’air,
Aux jamais identiques,
J’aime face à la mer !
© Denis OLLIER
Denis Ollier est auteur parolier avec une prédilection pour les chansons poétiques.
Ses textes s'inspirent souvent de voyages et de rencontres dans tous les pays du monde, mais il peut tout aussi bien trouver dans un parfum du quotidien quelques mots qui s'envoleront en musique.
Il a collaboré à de nombreux projets musicaux dans les styles les plus divers. Il est ouvert à tous les partages artistiques.
Depuis peu, il écrit de la poésie juste pour le plaisir des mots, mais toujours un peu rattrapé par la musicalité des textes qui est son ADN.
Il vit près de Grasse, quand il n’est pas en voyage aux quatre coins du monde (sa deuxième passion).
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La falaise du malaise
© Christian SATGÉ
Auteur prolifique, fabuliste et conteur éclectique, Christian Satgé est professeur d'histoire-géographie dans le département des Hautes-Pyrénées. Il a publié plusieurs recueils et plus d'une soixantaine de ses textes figurent dans Le Monde de Poetika. Son dernier recueil : Ça ne cadre toujours pas est paru chez 5 Sens Editions.
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Son blog : → https://lesrivagesdurimage.blogspot.com/
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La Rochelle

Je revois… et j’entends en feuilletant
Mes éternelles pensées, les mouettes nous survoler
Tandis que mon esprit se perd ; s’en est allé...
Vers un retour en arrière dans la jolie cité.
La Rochelle,
Comme une gigantesque bouffée d’air
Tu nous ouvres ta Porte qui donne sur la mer
Entre les Tours médiévales, de Saint-Nicolas et de la Chaîne !
En face c’est l’évasion marine...
Tu exportes ton sel des marais
Accompagné des vins fins de la vigne...
Ton côté commerçant portuaire vivant et animé attise de tous l’intérêt !
La Rochelle,
Ton nom « Cogn » à mon cœur
Quand résonne la sirène des bateaux à moteur
Pour s’en aller rejoindre celles
Que l’on appelle « Iles » – elles- !
Ile de Ré, d’Oléron…
Je vous vois au lointain, indemnes dans mon doux souvenir,
Paisibles villégiatures, évocation de cet ultime plaisir
En haut du phare de la Baleine où s’étendent, largement dégagés, les bleus de l’horizon !
Dans ton enceinte de remparts, aux abords,
Tu conserves ces gardiennes du port,
Avec leur beauté simplement féodale, ces trois grosses Tours dominantes
Dont fièrement tu te vantes !
Moussaillon, je reviendrai me ressourcer et respirer de ma narine
Cette brise océane qui me manque tant, moi qui de l’Est suis d’origine !
Cité qui peut s’enorgueillir d’une histoire longue et passionnante
Où les hommes ont cher payé pour ta liberté… Sois fière chère combattante !
© Cristal JOAN
Cogn : premier nom donné à la ville de La Rochelle
Cristal Joan vit au cœur de la France, or elle reste très attachée au Grand Est d’où elle est originaire. Attirée très tôt par la poésie, elle est également parolière pour des groupes de musiciens.
Sa devise : « J’écris donc je suis ».
Très sensible à la beauté des arts et plus encore au charme des animaux, elle les met souvent à l’honneur dans ses écrits et anime des salons littéraires. Elle a publié plusieurs recueils et deux romans.
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Quand vient le soir
je vole au-dessus de la mer

Quand vient le soir je vole au-dessus de la mer
À l’horizon s’étend un ciel rouge carmin
Dans les eaux couleur sang je verse bien amer
Ma culpabilité de n’être qu’un humain
Mes larmes englouties par des vagues immenses
Avec celles de ceux qui n’ont pas su prédire
Se répandent sur terre et lavent les errances
Des êtres dont je suis voulant se repentir
Les sirènes en deuil chantent un requiem
En mémoire du temps où les fleurs de Corail
Peuplaient leur onirisme et non leur anathème
Avant que les princes aveuglés ne défaillent
Au loin j’entends soudain des baleineaux les cris
Etouffés par la peur et les déchets plastiques
Je m’élance vers eux sur des vents assombris
Ma quête est illusoire et me laisse stoïque
Quand un soir me suivront de leur âme orpheline
Des milliers de terriens vénérant la nature
La mer reconnaissante à nouveau cristalline
De la folie de tous sera la sépulture
© Magali BRETON
Auteure-compositrice-interprète, Magali Breton est aussi comédienne, auteure de textes de chanson française dont ceux de son album intitulé « Regard de femmes » primé à Barbizon 77, lors du concours « La palette en chansons », avec pour parrain Bernard Sauvat. En 2019, elle se consacre à l’écriture d’une pièce de théâtre musical sur la vie et l’œuvre de l’artiste peintre Rosa Bonheur : « Les messagères de Rosa Bonheur ». Le spectacle est créé en 2020, avant d’être stoppé net par la crise sanitaire et la fermeture des salles de spectacle, avant de connaître un beau succès en tournée. Cette période se mue en une inépuisable source d’inspiration pour écrire un recueil intitulé « Les Covidiennes » édité en 2022. Elle choisit la poésie pour nous livrer des instants de vie en quelques vers et nous absorber dans l’intimité, la profondeur et l’exacerbation des sentiments. Elle fait appel à Muriel Pic, photographe, ainsi qu’à Patrick Carmier, pianiste compositeur, pour sublimer les textes par l’image et la musique. Cela donne naissance à un nouveau spectacle.
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Saint-Malo, la bien-nommée
C’est ainsi qu’ils attendent en regardant le bleu des vagues
la couleur des cieux et des algues pour eux sans cesse renouvelée
elle va se fondre à l’état brut, s’abattre sur les chercheurs d’or
Que les marins défendent.
C’est ainsi que ces peuples immenses au pied de la muraille immense
se donnent à cette nouvelle donne qui donne la chance aux hommes qui donnent
et que les marins défendent.
C’est ainsi qu’ils s’octroient le pouvoir de se défausser,
l’envie de ne plus commander, de ne plus surveiller la ville
de s’amuser, de déserter, de disparaître hors les remparts
disant qu’on n’avait qu’à prévoir, que nous sommes des gens inutiles.
Nous sommes des hommes inutiles que les marins défendent.
C’est ainsi que ces chefs passés dans les villes intérieures
transforment la vérité en une aimable vérité
et négligent la solitude ainsi mêlée à la fraternité,
cette puissance qui s’affermit jusqu’à concurrencer la leur.
C’est ici que l’on nomme devant la mer étale,
devant les flots dressés et les nuages plombés
et le ciel du pays traversant les embruns
et le vent, et le vent fraîchissant qui transperce la peau,
c’est ici que l’on nomme la ville, la bien-nommée
c’est ici que l’on nomme la ville de Saint-Malo
que les marins défendent.
Et je ne suis pas de ceux qu’une excommunication ravit mais
si vous aviez la chance de tourner la tête vers votre peuple ébloui,
vous le verriez sans doute ainsi que les marins défendre votre pays, votre royaume.
C’est la cité des voyageurs, la ville faite de remparts
de granit, de sable et du cœur puissant et grandi des chercheurs d’or
imitant leurs pères en somme, imitant leurs pères
que les marins défendent.
C’est ainsi que ces signes engagés dans l’imaginaire
de ceux qui regardent les vagues font éclater la vraie misère,
le sentiment du déjà-vu claquant sur les flots déchaînés,
cette sensation d’à-quoi-bon qu’ont tous les hommes pénétrés
de la violence du temps qui passe, lavant ce perpétuel affront
où l’on se soumet de guerre lasse aux jours cent fois recommencés.
Mais c’est sans les marins compter.
Sans cet entêtement ravi, cette obsession démesurée
sans cette folie purgatoire, sans cette folie pitoyable
sans la cité des voyageurs, sans Saint-Malo la bien-nommée, sans les hommes inutiles.
Nous sommes des hommes inutiles
que les marins défendent.
© Pierre-Michel SIVADIER
Extrait de Frondes Étourdies – Ressort des vagues, Stellamaris, 2018
Album D’amour Fou d’amour, Seventh Records, 1995
Pianiste accompli, compositeur prolifique, Pierre-Michel Sivadier mène également une carrière d'auteur. Il a, entre autres, écrit et joué pour Christian Vander, Jane Birkin, Lambert Wilson ou James Ivory.
Chanteur expressif, créateur de nombreuses œuvres vocales et d’harmonisations polyphoniques, il se situe dans un univers poétique croisant le piano, la chanson, le jazz et les musiques improvisées. Il a publié fin 2023 son sixième ouvrage littéraire Désordres - Journal, pamphlets, poèmes. Son septième recueil Rien ne vaut le présent est paru aux éditions Maïa.
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Rêve de mer

30 janvier 2026
© Mokhtar EL AMRAOUI
Poète d’expression française né à Mateur, en Tunisie, Mokhtar El Amraoui a enseigné la littérature et la civilisation françaises pendant plus de trois décennies, dans diverses villes de la Tunisie. Il est passionné de poésie depuis son enfance. Il a publié quatre recueils de poésie et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur Internet et en revues-papier.
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Station balnéaire

À la belle saison, la mer berce ses nageurs.
Les côtes langoureusement elle caresse.
Elle va et vient sans cesse,
Elle roucoule, elle rit.
La mer, et le bonheur s’ensuit.
À qui possède un voilier
De bons moments va passer
Sur mer au large,
Suivant les balisages,
La carte marine et la météo.
Les surfeurs initiés
Les vagues vont escalader
Du haut de leur surf léger
Ils vont bien s’amuser
Et pouvoir bronzer.
La mer nous raconte une histoire sans paroles.
Les poissons forment autour des coraux une corolle.
Des ultra-sons certains animaux marins
Emettent, inaudibles à l’oreille d’un humain.
La mer est sans pair et sans repères.
© Sylvie CROCHARD
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Luna

Songe d’une nuit d’été
Où chaque fois je maudis
Cet étranger que j’ai été
Et qui n’a jamais compris.
Cette inconnue sur mon chemin
Que j’ai croisée un matin
Qui a bien voulu que je dépose
Un doux baiser sur sa main.
Et c’est maintenant face à la mer
Que je me demande encore
Comment j’ai pu un soir d’hiver
Laisser s’échapper ton corps.
J’ai dans la bouche un goût amer
Seuls mes regrets peuvent comprendre
Que j’ai joué à l’homme fier
Que je n’ai pas su t’attendre.
Et tout mon être se rebelle
Et si mon âme est meurtrie
J’aimerais te revoir ma belle
Pour raconter ce récit.
© Myriam CLOWEZ
Retraitée du secteur sanitaire et social, Myriam Clowez a toujours aimé la poésie et c'est surtout à l'adolescence qu'elle a écrit de nombreux poèmes. Aujourd'hui, elle profite de son temps libre pour participer aux concours de poésies.
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Le phare

D'où vient-il le chant des marins ?
Des profondeurs de l'océan ou de l'amer ?
De voyages lointains, parcourus de frissons
Quand la tempête mène la danse sans arrêt.
D'où lui vient cette force inflexible
Qui se change en courage quand nul ne sait
Encore quel souffle aura le vent
Si le vent tourne, si la mer se déchaîne,
Il ne suffit pas de croire en son étoile
Et de porter les lauriers du vainqueur.
Certaines tempêtes ne s'affrontent pas seuls,
Un jour ou l'autre survient un grand naufrage
Et un fracas à nous briser le cœur.
Demain s'écrira à plusieurs et le chant des marins
Gonflera dans les voiles, demain quand tous les doutes
Seront enfin levés, brillera comme un phare
Pour les barques égarées.
© Marie-José PASCAL
Marie-José Pascal écrit depuis l'enfance. Membre de l'association Le Capital des Mots, sociétaire de L'Académie internationale L'école de La Loire, elle a été publiée dans de nombreuses revues et anthologies : Humanisme Harmonie, Florilège, l'Etrave, Traversées, revue numérique des citoyens des lettres, anthologie Flammes vives, de l'Humain pour les Migrants. Elle a reçu le Prix Charles Péguy 2020. En 2021 : le prix Hubert Fillay 2021 pour le recueil « A deux voix » co-écrit avec Alain Morinais, le prix Jules Supervielle 2021 pour le recueil « Lanterne de papier », le prix Qualité des Arts. En 2023, le Prix Paul Verlaine et 2024, le Prix Jacques Prévert.
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Des mots pour la mer

Elle est berceau de vie et parfois un tombeau
Beauté de l'horizon et terreur de l'abîme
Le chant des vagues et le silence de l'eau
Secrète en profondeur, la mer est une énigme
Mer qui toujours m'attire et souvent me déroute
Qui rythme mes saisons et qui règle mes pas
Me donne de l'espoir quand je suis dans le doute
Du sel pour rehausser le goût de mes repas
Elle est reflet du ciel et miroir du nuage
L'infini du possible, improbable incertain
Promesse d'aventure et risque de naufrage
La mer a l'énergie qui force le destin
Elle cache en son sein des trésors et des peurs
Se fait douceur de brise ou fureur de tempête
Par son scintillement aux changeantes couleurs
La mer brille des mots qu'elle inspire au poète.
© Jacques BASHIERI
Ode à la mer

L'air est froid
l'air est vif
les vagues sont rebelles
la couleur douce et bleue me permet de rêver
Les montagnes au loin
les sommets enneigés
les lumières du soir
et la côte éloignée
Je ressens sous mes pieds
le bateau qui fend l’eau
les cheveux emmêlés
je me sens respirer
Vivre à fond un bonheur que la mer seule apporte
j'aim' les soirs de janvier
sur les flots agités
© Nathalie LAURO
Illustration © Nathalie LAURO
Ecrivaine, poétesse et artiste numérique, Nathalie Lauro travaille à partir de ses photos shootings. Elle aime photographier les villes comme Berlin, Londres, Paris, Hambourg et Amsterdam mais sa spécialisation reste le sud, la Méditerranée, le soleil, les couleurs, les lumières et la Dolce Vita. Elle est par ailleurs présidente de l'association Luna Rossa.
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Traîne

Jusqu’à l’écorce de mon corps rougi
Tes strophes se souviennent de mon rêve.
Entre deux aubes, naît déjà le cri
Je m’éveille sur le sang de ta grève.
Alors, tes bras d’encre lissent le roc
De mon cœur et dans les herbes sauvages,
Le poème sent l’univers d’un bloc
Pour façonner les mots dans les nuages.
Mes doigts engourdis dans le matin nu
Embrassent ton souffle vers le grand large.
Nul doute que sur la plage, il a plu.
Sur l’horizon bleu, dérive ta barge.
Aux proues de ce moment intact et pur,
Le temps offre son épaule saline.
Cette lueur fauve sur le sol dur
Érafle le flux de l’heure marine.
Sous mon corsage de lune, le vent
Lacère ma peau d’écume et frappe
Jusqu’à la syllabe, le firmament
Un frisson en laisse de mer s’échappe.
Là où s’étire encore la fleur d’eau,
L’été abreuve ses terres lointaines.
Vogue sur les heures notre bateau,
La houle folle nous prend dans sa traîne.
© SEDNA
Résidant en Charente-Maritime, Sedna a toujours eu la passion des mots. Elle aime les rimes et travaille principalement avec le Traité de Sorgel en poésie classique. Elle aime la mer, le ciel qui sont ses sources d'inspiration permanente. La sauvegarde de notre planète est l'une de ses préoccupations.
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Son site : → http://www.cassiopee17.fr/
Partir

Demain dès l’aube, et sans vouloir me retourner,
Je partirai très loin sur des mers incertaines.
Sans but et sans regrets, au gré des alizés,
Me laisserai porter où mon destin me mène.
Guidé par les étoiles, quand mon cœur vagabonde,
Accostant sans émoi sur des terres inconnues,
Je parviendrai peut-être jusqu’au bout de ce monde
Où ne rencontrerai que des âmes perdues.
Et quand je reviendrai des rêves plein la tête,
Tel Ulysse en Ithaque, après son odyssée,
Je me dirai, de fuir, il faut que je m’arrête,
Et continuer ma vie là où je suis né.
© Pierre PAYSAC
La mer

Une bruine se pose doucement sur la plage,
Dans un mariage avec les embruns sur les rochers.
Les rouleaux de mer se tournent comme les pages,
D'un livre de la nature dans sa longue destinée.
Les jolies mouettes se bercent au vent des voiliers
Douce musique qui embrassent les hauts palmiers.
L'horizon infini s'accroche à la grisaille du ciel
Tourmenté par les nuages qui jouent avec le soleil.
L'écume blanche efface nos empreintes de vie
Dans un mélange de sable aux pépites d'or.
Roulent les galets dans le bruit de l'infini
La mer les emporte, changeant l'envers du décor.
Dansent les pointus dans le ballet des vagues
Liés aux anneaux, cordons ombilicaux à leur quai.
Parfums d'iode mélangé à la couleur des algues,
Les fruits de la grande bleue chantent à la criée.
Aux îles lointaines qui bercent les rêves d'évasion
Dans le refrain de l'âme des grands paquebots.
Les espoirs du rivage fredonnent la bénédiction
De partir un jour, naviguer sur ces beaux bateaux.
La mer, Princesse de la terre est une dame de cœur,
Que les poètes vénèrent dans la parodie de leurs écrits.
Au bord des simples vers, leur encre est une fleur
Offerte humblement à cette magnifique source de vie.
© Jean-Marc LAINELLE
Jean-Marc Lainelle (1951-aujourd'hui)
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En flânant sur une plage...

L'âme alors apaisée y dresse son bivouac
Des sentiments divers surgissent tout en vrac
Bien loin de l’ordinaire et de sa comédie
La fraîcheur se savoure et même se mendie...
Qui dans son élégance au-dessus de nous glisse
Avec sérénité naturel et brio
Dans ce jardin secret ce fragile patio
S'abrite le bonheur -désirable calice-
Le temps qui se suspend devient notre complice...
Un soudain courant d'air nous apporte un parfum
Celui de goémons se baignant dans l'écume
Toujours renouvelé le spectacle est sans fin
Simple il nous satisfait -contentement non feint-
Il chasse la grisaille il chasse l'amertume
Il chasse le train-train son hypnotique brume...
Dans un très beau fondu tout amoureusement
Là-bas le ciel et l'eau se troublent et se marient
Dans un bal de couleurs majestueusement
L'horizon vient s'offrir tout langoureusement
Loin de l'humanité loin de sa barbarie
Toute cette Beauté devient une armoirie...
© Didier COLPIN
Didier Colpin est né en 1954 à Laval, petite ville de l’Ouest de la France. Il a découvert l’écriture et la poésie « sur le tard », en 2010. Depuis elle est devenue sa compagne de tous les jours… La poésie est pour lui le contraire de Twitter et de sa rapidité. Elle est un arrêt sur image… Sur un émoi sur un trouble sur la Beauté sur la laideur. Le tout vu, ressenti à travers le prisme qu’est son regard où deux plus deux ne font pas toujours quatre…
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À récifs frangeants
Sur le récif et son platier se précipite la mer
À déferle-vague et soufflez-crevasses
À crissez-galets et gonfle-chenal !
Sur la vague dans son déferlement s’enroule la mer
À plonge-dauphin et jaillissez-écumes
À roulez-algues et sautille-héron !
Sur le rivage et dans son épanchement s’étale la mer
À creusez-crabes et cours-pagure
À sourdez-sources et battez-tambours !
© Flora-Aurima DEVATINE
Née en 1942 à Tautira dans la presqu'île de Tahiti, cette Polynésienne est écrivaine, professeure, chercheuse et académicienne. Elle est l’auteure de poèmes traditionnels en tahitien et de poèmes libres en français parus dans des revues et anthologies. Elle a reçu le Prix Hérédia de la poésie française en 2017.
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Une nuit sur la plage

Sur le sombre Océan tombait la nuit tranquille ;
Les étoiles perlaient au ciel silencieux ;
Le flot montait sans bruit sur le sable de l'île...
Ô nuit, quel souffle alors vint me mouiller les yeux ?
Le froid saisit mon cœur, quand, muet, immobile,
Étendu sur la grève, et le front vers les cieux,
Je sentis, comme on sent que sur la vague il file,
La Terre fuir, sous moi, navire audacieux !
Du pont de ce vaisseau qui m'emportait, sublime,
Je contemplai, nageant sur l'éternel abîme,
Les flottes des soleils au voyage béni ;
Et, d'extase éperdu, sous les voûtes profondes,
J'entendis, ô Seigneur, dans l'éther infini,
La musique du temps et l'hosanna des mondes.
© Henri-Frédéric AMIEL
Extrait du recueil Grain de mil, 1854
Henri-Frédéric Amiel est un écrivain et philosophe suisse romand, célèbre pour son gigantesque journal intime (17 000 pages, de 1839 à 1881). Professeur d’esthétique et de littérature française à l'université de Genève grâce à son étude Du Mouvement littéraire dans la Suisse romande et de son avenir. De 1854 jusqu'à sa mort, il conserva sa chaire de philosophie. Il a publié plusieurs volumes de poèmes, d’études historiques ou philologiques et des essais philosophiques influencés par la philosophie idéaliste allemande.
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Les blandices de la mer

© Jacky COURALET
Retraité de la Fonction Publique Territoriale, Jacky Couralet est un passionné de poésie. Eclectique, il écrit dans tous les registres : de la veine austère à la veine satirique, voire loufoque ! Il adore aussi le scrabble et a une approche ludique des activités cérébrales.
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La mer

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s'est retirée,
Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt.
La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.
La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire,
À l'écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d'ambre et de diamant.
Et la brise n'apporte à la terre jalouse,
Qu'un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L'âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.
© Nérée BEAUCHEMIN
Ecrivain et médecin québécois, Nérée Beauchemin publie son premier recueil Les floraisons matutinales en 1897. Il obtiendra plusieurs diplômes et prix de poésie et recevra en 1930 la médaille de l'Académie française.
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