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Mise en ligne le 04/03/2022

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Pour rendre hommage au peuple ukrainien, si vous êtes inspiré(e) et solidaire, n'hésitez pas à m'envoyer vos textes avec une mini biographie (facultatif mais conseillé !). Merci !
C'est volontairement qu'il n'y a aucune illustration ajoutée aux poèmes.
Courriel : poetika17(arobase)gmail.com


→ Textes

_________
Le Monde de Poetika
Revue de poésie en ligne
N° ISSN : 2802-1797

Posté le 13/05/2022

Nous sommes invaincus

Nous ne nous sommes pas rendus. Nous avons vécu et combattu
Nous savions avec certitude que nous pourrions mourir
Nous sommes allés de l'avant, nous ne l'avons pas regretté
Chaque jour, nous avons regardé dans les yeux de la mort.

Nous sommes. Nous n'aurons pas honte
Nous ne plions pas - ils veulent nous casser
Nous sommes ukrainiens. Notre honneur n'est pas de le voler
Nous sommes l'acier d'Azov. Nous ne pouvons pas être vaincus.

NOUS SOMMES. NOUS RESTERONS DEBOUT.

--------

МИ НЕ СКОРИЛИСЬ


Ми не скорились. Ми жили і бились
Ми твердо знали - можемо померти
Ми йшли вперед, ми не скурвились
Щодня ми заглядали в вічі смерті.

Ми стоїмо. Нам у ганьбу не впасти
Ми не гнемося -- хочуть нас зламати
Ми - Україна. Честь у нас - не вкрасти
Ми - сталь Азову. Нас не подолати.

МИ СТОЇМО, І БУДЕМО СТОЯТИ.

 

© Maryna AKRAM


pMaryna Akram
Ukrainienne, Marina Akram vit en Inde depuis 22 ans. Elle a publié au sein de plusieurs institutions, au Canada, en Ukraine et en Inde. Elle est également auteure de chansons.
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Posté le 13/05/2022

Mes blessures baisent le ciel

J'ai été brûlé, ce qui ne fait plus mal
J'ai été aveuglé, abattu, battu
Je suis Marioupol, je suis emmailloté de sang,
Mon drapeau flotte au-dessus des blessures.

Je n'abandonne pas, bien que toute la beauté soit effacée
Je ne recule pas, je n'adore pas le mal,
Je respire, je siffle, mais je vis !
Les blessures du ciel m'embrassent.

Toi, mauvais voisin, tu peux
des bottes
Piétinez les rues, noyez-les dans la mort.
Mais rappelez-vous, vous ne vivez pas en moi.
Je suis l'Ukraine, avec du cœur et des gens.

------

МEHI ЦІЛУЮТЬ РАНИ НЕБЕСА

 

Мене так спалено, що вже і не болить
Мене осліплено, розстріляно, розбито
Я — Маріуполь, в кров мене завито,
Над ранами мій прапор майорить.

Я не здаюсь, хоч стерта вся краса
Не відступаю, не вклоняюсь злу,
Я дихаю із хрипом, я — живу!
Мені цілують рани небеса.

Ти, злий сусіде, можеш чобітьми
Топтати вулиці, у смерті їх топити.
Та пам'ятай, тобі в мені не жити.
Я -- Україна, серцем і людьми.

© Maryna AKRAM


pMaryna Akram
Ukrainienne, Marina Akram vit en Inde depuis 22 ans. Elle a publié au sein de plusieurs institutions, au Canada, en Ukraine et en Inde. Elle est également auteure de chansons.
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Posté le 18/04/2022

Ciel irradié

Poserons-nous les questions
à ceux qui s’aventurent
hors des sentiers

un ciel irradié de doute
incognito
vide son sac
ment
abuse
efface nos prairies quand il le désire

comme si tout était
un mirage
sans risque
de dérapage incontrôlé
et d’égarement
comme avant

 

© Christophe CONDELLO


pChristophe Condello
(1979-aujourd'hui)
Christophe Condello est l'un des derniers brûleurs de loups. À la fois poète, haïkiste, pacifiste et philosophe, il est né à Grenoble et vit maintenant à Laval (Québec). Il a publié sept recueils de poésie et collabore dans de nombreuses revues littéraires. Il aime particulièrement la vie, le vin, les voyages improvisés et sans fin, le bruit du vent dans les feuilles et le plaisir de pêcher sans appât.
Du même auteur : Impudique
Son blog : http://christophecondello.wordpress.com
→ Sa biographie sur Wikipédia

Posté le 29/03/2022

L'acier des canons

Un soir, une nuit,
Les étoiles en feu,
Annoncent le couvre-feu.

L'espoir s'enfuit,
L'air est irrespirable,
Le ciel devient noir,
La folie insatiable.

La terreur sur son perchoir,
Des chars dans la boue,
Des cadavres sous les roues,
Des âmes pleurent
Le monde a peur.

La stratégie du plus fort,
Joue avec la mort,
D'Ouest en Est,
L'impérialisme se manifeste.

De Bagdad à Damas,
Aux portes du Donbass,
Les armes se sont invitées.

Le mal affamé,
Dévore la paix,
Des obus en entrée.

Une armée de croque-mitaines,
L'acier des canons,
Vise cupidon.

Les condoléances européennes,
A un peuple au sacrifice,
Atermoiement en coulisse,
Au théâtre des palabres,
Les nations s'indignent,
Du dessein macabre.

Observateurs derrière les lignes,
Ils laissent se déverser la gangrène,
Criant leur soutien à l'Ukraine.
La guerre ne reculera pas,
Elle est le pire de l'homme,
Son histoire en somme.

Du sang dans nos pas

 

© Frédéric CAMOIN


pFrédéric Camoin
Originaire de la région aixoise, Frédéric Camoin, militant associatif et syndical, vit à Paris. Il profite de ses temps libres pour s’adonner à l’écriture. Il a publié plusieurs recueils et écrit un roman.
Du même auteur :
Seul au comptoir
→ Découvrir son dernier recueil
→ Sa page Facebook

Posté le 29/03/2022

Au nom des regards, au nom de la paix

Quel est le prix d'un regard
qui arpente le ciel
en quête d'idéal ?
Quel est le prix des passions
le prix des souvenirs,
le prix de la liberté,
celui du désir ?
Quel est le prix de la vie humaine,
de la froide négation de l'autre
sur les chemins du sens perdu ?
D'où naît l'indifférence
de celui qui broie l'être
sous ses semelles brûlantes,
la cascade mortifère
des haines incandescentes.
La paix n'a pas de prix,
mais on vend les colombes
au marché de la rage,
aux enchères des tombes.
La liberté, seule, demeure insaisissable :
elle s'est réfugiée sur une étoile.
Alors au nom des regards, au nom de la vie,
puissent les enfants se baigner
dès leurs premières joies
aux sources d'empathie,
qu'ils apprennent à réfléchir à deux fois
avant de piétiner les anges.
28/03/2022

 

© Parme CERISET


pParme Ceriset
Passionnée de poésie et membre de la Société des Poètes Français, rédactrice à La Cause littéraire, surnommée « la plume Amazone » pour son tempérament très indépendant et son attachement suprême à la liberté. Parme Ceriset navigue entre Lyon et le Vercors où elle puise son inspiration. Son roman autobiographique Le serment de l'espoir - Que la vie souffle encore demain paru chez L'Harmattan, fait écho à son parcours totalement atypique. Elle a grandi avec une maladie rare, a exercé en tant que médecin puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Dans ce roman qui est une ode à la Vie, à l'Espoir, à la Nature, à la Passion, à l'Amour et à la Liberté, elle défend une conception artistique de l'existence en déroulant le récit par petites touches, comme une fresque impressionniste. Parme Ceriset est également dessinatrice. Elle est fascinée par la vie sauvage et le monde animal, par la spiritualité et son expression artistique depuis l'aube immémoriale du monde et de l'humanité. Sur le plan philosophique, elle considère la poésie, selon ses propres mots, comme "un acte de résistance contre le non-sens et la mort". Son Graal absolu est la "liberté libre" de Rimbaud, qu'elle poursuit elle aussi, parfois jusque dans les ténèbres, éclairée par le flambeau inextinguible de sa foi en la vie et en l'Amour universel. Elle se définit comme humaniste, écologiste, féministe et pacifiste. Sa devise : "N'appartiens qu'à toi-même et au souffle du vent." (Extrait de son recueil "N'oublie jamais la saveur de l'aube", 2019). Son dernier recueil Femme d'eau et d'étoiles a été publié en 2021.
De la même auteure :
Ma liberté
Au nom des regards, au nom de la paix
La mort avance à grand fracas
La voix des héros
La petite Russe et la petite Ukrainienne
L'ange d'eau et de lumière
→ Sa page Facebook
→ Son blog

Posté le 24/03/2022

Lorsque tu fermeras mes yeux

Je m’en irai serein sur nos plaines immenses
Délesté de nos haines dans ma délivrance
Et je savourerai la liberté sacrée
Que la guerre s’évertuait à nous arracher

Puis je gravirai les Carpates enneigées
Admirant nos forêts dans la paix retrouvée
Les loups bien désarmés rebrousseront chemin
Vaincus par ma quiétude ils iront au Kremlin

A Odessa je voguerai sur la mer Noire
Je dirai au vent d’Est de t’envoyer l’espoir
Mon voilier jaune et bleu au soleil brillera
Quand j’entrerai si fier dans le port de Yalta !

Ivanna m’attendra au tunnel de l’amour
Dans ses songes je flânerai jour après jour
Je me blottirai dans sa longue chevelure
S’étendant jusqu’à toi pour t’offrir une armure

Sous les dômes du monastère Saint Michel
Pour toi et nos frères je prierai l’éternel
Afin que les champs de ruines de Marioupol
Soient couverts de milliers de fleurs de Tournesol

Dans tout Kiev résonnera l’hymne de l’Ukraine
Chanté dans leur exil par des voix dans la peine
Alors me parviendra celle de mon enfant
Je pourrai même croire que suis vivant


© Magali BRETON


pMagali Breton
Auteure-compositrice-interprète, Magali Breton est aussi comédienne, auteure de textes de chanson française dont ceux de son album intitulé « Regard de femmes » primé à Barbizon 77, lors du concours « La palette en chansons », avec pour parrain Bernard Sauvat. En 2019, elle se consacre à l’écriture d’une pièce de théâtre musical sur la vie et l’œuvre de l’artiste peintre Rosa Bonheur : « Les messagères de Rosa Bonheur ». Le spectacle est créé en 2020, avant d’être stoppé net par la crise sanitaire et la fermeture des salles de spectacle, avant de connaître un beau succès en tournée. Cette période se mue en une inépuisable source d’inspiration pour écrire un recueil intitulé « Les Covidiennes » édité en 2022. Elle choisit la poésie pour nous livrer des instants de vie en quelques vers et nous absorber dans l’intimité, la profondeur et l’exacerbation des sentiments. Elle fait appel à Muriel Pic, photographe, ainsi qu’à Patrick Carmier, pianiste compositeur, pour sublimer les textes par l’image et la musique. Cela donne naissance à un nouveau spectacle.
Son site : → Les Messagères de Rosa Bonheur

Posté le 23/03/2022

L'Ukraine saigne

La Russie a envahi l’Ukraine
Sans prévenir :
La guerre a éclaté.

 

L’Ukraine pleure et saigne
Son peuple fuit, exil forcé
Face aux bombardements intempestifs.

 

Quelle suite pour ce conflit ?
Vies civiles sacrifiées,
Triste pour l’humanité.


© Sylvie CROCHARD


pSylvie Crochard
(1976-aujourd'hui)
Ouvrière en milieu protégé, Sylvie Crochard a publié plusieurs recueils. Passionnée de piano, elle s’inspire également de la musique dans ses poèmes.
De la même auteure :
Les petits oiseaux
→ Sa page Facebook

Posté le 20/03/2022

Revenez doux rêveurs, prophètes de la paix

Angoisses des pères, massacres d'innocents
Orgues des chants de mort, requiem du malheur
Concertos de bombes, prétextes indécents.


Du cynisme rampant l'avidité est sœur,
Concordes des tyrans, folie de vos désirs,
Votre cupidité salit nos doux bonheurs.


Caciques séniles, myrmidons en délire
Vous êtes les semeurs de désolation.
Sur les champs allongés, les témoins de vos ires.


Les cartels de terreurs jouent leur partition
Notes de démence, du sombre et de l'immonde
A Alep ou à Kiev, abominations.


Par soif de conquêtes la détresse du monde,
Contre le faible lancées, les factions soldats
Posséder dominer, cicatrices profondes


Les peuples se dressent invincible armada.
De songes diurnes en espoirs disparus,
Il y aura toujours des hommes Massada.


Ils se veulent vainqueurs, ils sont les vaincus.
Les despotes bourreaux seront crucifiés,
La mort est l'apparat des chambellans déchus.


L'ébène de vos cœurs sera momifiée,
Les justes se lèvent, ils sont les seuls puissants,
Leurs demains chanteront l'amour sanctifié.


Se dire que l'après ne peut être l'avant,
Prier pour un meilleur, choisir le plus jamais
La liberté chérie est cause diamant.


Revenez doux rêveurs, prophètes de la paix.

[16 mars 2022]

© Arnaud MATTEI


pArnaud Matteï
(1962-aujourd'hui)
Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores. Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire et aussi pour la joie de les partager. Des quelques poésies de son adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies à l'aube de ses soixante ans, il se sera passé un long moment de silence. Une absence que le vide du temps ne saurait combler. Arnaud Mattéï a fait de sa vie, une vie simple et belle avec ceux qu'il aime.
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Posté le 20/03/2022

Rempart ultime d'un monde déraison

Il reste sur le quai, elle part vers l'ailleurs
Ce ou fait d'incertain, la guerre les sépare.
Une mère à l'enfant, d'eux la douleur s'empare,
Peu importe sa vie, il rêve d'un meilleur.


Résistance contre le sanglant mitrailleur,
Des bombes et des bottes, le pire se prépare.
Plier ou bien mourir, dompter l'hydre barbare,
Pour sauver leur bonheur, il sera tirailleur.


Larme de liberté, bras de justicier
Ton fragile fleuret face au glaive d'acier
Défend dans l'ultime, la patrie souveraine


Toi victime martyr de la folie poison,
Tu es l'Alexandre, la grandeur de l'Ukraine
Le fragile rempart d'un monde déraison.

[06 mars 2022]

© Arnaud MATTEI


pArnaud Matteï (1962-aujourd'hui)
Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores. Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire et aussi pour la joie de les partager. Des quelques poésies de son adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies à l'aube de ses soixante ans, il se sera passé un long moment de silence. Une absence que le vide du temps ne saurait combler. Arnaud Mattéï a fait de sa vie, une vie simple et belle avec ceux qu'il aime.
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Posté le 20/03/2022

Prends garde Goliath

Tu te voulais un tsar, tu n'es qu'un dictateur
Tes sombres desseins tuent, rapace destructeur.
Tes fureurs colonnes brisent la liberté,
Aliénation, vésanie des délires
La folie t'envahit, la raison t'a quitté
Par le fer et le sang, occuper conquérir.


Face à toi, jaune et bleu, le drapeau attaqué
L’oriflamme salie, par ta haine souillée
Est le rempart dernier contre l'abject rampant.
Ton droit légitime est force inaliénable,
Dans les larmes et les armes le feu crachant,
Pays martyrisé de quoi es-tu coupable ?


Devant tant de noirceur notre monde s'alarme,
Riposter, combattre, faut-il prendre les armes ?
Réplique supplique, bien faible résistance,
Pour la postérité l'ogre tu resteras.
Tu deviens le malheur de ton peuple souffrance,
Prends garde Goliath, un jour tu tomberas !


Empires revenus et partage du monde
Doctrines dépassées, odeurs nauséabondes
Sous vos bombes meurent des hommes pacifistes.
Fossoyeurs des peuples, tyrans de l'éphémère,
Fuyez au loin ! Damnés aux ardeurs bellicistes,
Vos dogmes meurtriers sont de viles chimères !

[27 février 2022]

© Arnaud MATTEI


pArnaud Matteï (1962-aujourd'hui)
Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores. Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire et aussi pour la joie de les partager. Des quelques poésies de son adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies à l'aube de ses soixante ans, il se sera passé un long moment de silence. Une absence que le vide du temps ne saurait combler. Arnaud Mattéï a fait de sa vie, une vie simple et belle avec ceux qu'il aime.
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Posté le 17/03/2022

[Haïku]

Rue dévastée
Les arbres penchent leur douleur
Nulle part où aller...


© Sylvie LE MERCIER


Sylvie Le Mercier
Sylvie Le Mercier anime des ateliers de calligraphie et de poésie.
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Posté le 17/03/2022

Que c'est triste une guerre au printemps !

Le rossignol muet frissonne d’épouvante,
Quand Mars, dieu des combats, fait qu’il tonne et qu’il vente.
C’est triste quand la guerre est mariée au printemps,
Pourquoi revenez-vous, épousailles d’antan ?
Le soleil est voilé par la fumée des bombes,
Quand résonne un bruit sec, c’est un guerrier qui tombe ;
Le printemps est morose et la nature aussi,
Car les soldats n’ont pas de fleur à leur fusil ;
Et le ciel rembruni fait couler quelques larmes,
En entendant le son assourdissant des armes ;
II est dur de mourir, quand la rose renaît;
Le soldat, lui, poursuit un but qu’il méconnaît,
Car lorsque l’on confond l’histoire et la légende
Le mythe se poursuit avec la propagande,
Qualifiant d’agresseur le pays agressé,
Et mettant au futur les verbes du passé,
Un Russe illuminé veut conquérir l’Ukraine,
Et deux pays voisins descendent dans l’arène ;
Deux guerriers opposés, que ne seraient-ils pas
Demi-frères conçus par le même papa ?
Car il est des parents qui vivent et prospèrent,
Séparés seulement par la même frontière ;
Mais j’en sais qui devant la montée des périls,
Terrifiés, ont franchi les portes de l’exil ;
Parano obsédé par l’union atlantique,
Réflexe pavlovien d’un ancien soviétique,
Tyranneau mâtiné d’un ersatz d’empereur,
Poutine se complaît à semer la terreur ;
Lorsque l’Ukraine crie, qu’elle plaide sa cause,
C’est la Raison d’Etat qu’Europe lui oppose,
Qui, ravagée hier par le feu et le fer,
Ne veut pas réouvrir les huis de l’enfer ;
Il reste à espérer que bientôt l’humanisme,
Triomphe du combat qui l’oppose au cynisme.
Fatiguée d’exalter du tyran le renom,
Sur le petit écran une Russe a dit non !
Que l’air de liberté qui souffle sur l’Ukraine,
Souffle sur la Russie, sa cousine germaine !
O printemps de la vie, sombre et désenchanté
Pour qui ne connaîtra peut-être pas l’été !
Que l’Ukrainien qui vient dans le pays de France,
Puisse trouver la paix au bout de son errance !

 

© Jacky COURALET


Jacky Couralet (1953-aujourd'hui)
Retraité de la Fonction Publique Territoriale, Jacky Couralet est un passionné de poésie. Eclectique, il écrit dans tous les registres : de la veine austère à la veine satirique, voire loufoque ! Il adore aussi le scrabble et a une approche ludique des activités cérébrales.
Du même auteur :
A la gare de Kiev
Despote... éteint
Souvenirs de mes automnes 
La nuit
Blues de septembre 
→ Sa page Facebook

Posté le 16/03/2022

Paroles à un enfant ukrainien

J'emporterai ma terre au bout de mes souliers
et pour ultime bouquet quelques épis de blé,
trop de visions sanglantes ont marqué mes années,
je fuis comme tant d'autres sans savoir où je vais,
mais au fond de mon cœur mes racines ancestrales
me relient pour toujours à ma langue natale,
à ses chants, à ses danses.
Pour toi, qui naîtras dans un pays nouveau,
je déploierai sans cesse une aile protectrice,
je bercerai ton âme de chansons populaires
qui racontent l'histoire d'un peuple qui résiste.
Enfant où que tu vives l'Ukraine est ta patrie ;
N'oublie jamais que tous unis sous le même drapeau
Nous avons combattu avec l'infime espoir de sortir du chaos
Non, notre bouclier ne fut pas une armure
de plomb, mais nos corps soumis à toutes les tortures
Si un jour tu comprends, le sens de mes mots
Sois fier de ton pays
qui tel le roseau " se plie mais ne rompt pas " (**)
Le temps n'est plus à la futilité,
Aux paroles échangées à la hâte, le temps est celui qui révèle les êtres
dans le miroir sans fard de la réalité.

Le rouge et le noir

A présent, le cercle se referme, anneau hérissé
de mille tentacules, une inquiétante forêt de fusils se dresse
contre des remparts d'acier, peut-on encore chanter
la beauté d'une fleur qui s'ouvre,
quand les heures empruntent à la nuit, la couleur du deuil,
que les yeux se voilent de l'ombre d'un linceul.
Le rouge et le noir se côtoient dessinant les contours douloureux
d'une guerre, une guerre de plus, une guerre de trop
s'écrit dans le grand livre de l'Histoire !
Comme tout semble vain dans le «  ciel bas et lourd » (**)
qui gronde sans répit, comme tout semble vain
quand la plume inondée de larmes et de sang,
s'oppose aux gants de fer et aux tirs des canons.
-----
(**) allusion à la fable de La Fontaine Le chêne et le roseau

 

© Marie-José PASCAL


Marie-José Pascal (1952-aujourd'hui)
Marie-José PASCAL est née à Paris en 1952. Elle écrit depuis l'enfance. Membre de l'association Le Capital des Mots, sociétaire de L'Académie internationale L'école de La Loire, elle a été publiée dans de nombreuses revues et anthologies : Humanisme Harmonie, Florilège, l'Etrave, Traversées, revue numérique des citoyens des lettres, anthologie Flammes vives, de l'Humain pour les Migrants. Elle a reçu le Prix Charles Péguy 2020, prix Hubert Fillay 2021 pour le recueil « A deux voix » co-écrit avec Alain Morinais, prix Jules Supervielle 2021 pour le recueil « Lanterne de papier ». publication «  Des étoiles sous la cendre » aux éditions Le Capital des Mots.
→ Sa page Facebook

Posté le 16/03/2022

La guerre

Assise au bord du ciel, enfin gavée, la Guerre
Contemple rassasiée ce qu’elle a fait en bas :
Dévastation, débâcle, et tant d’autres dégâts…
Et le front couronné de mort et de misère,

Elle branle du chef avec satisfaction.
Elle vient d’envoyer sur les champs de bataille
Ses pires affidés. Pour les soldats qui braillent
D’horreur et de douleur, aucune compassion,

Ni pour ces pauvres gens se traînant sur les routes
Avec un baluchon, leurs enfants sur le dos
Loin des villes en feu, au gré de moult cahots,
Simples petits bonheurs et vie calme en déroute !

Le ventre enfin rempli, l’horrible monstre bâille,
Dévoilant ses crocs noirs tout englués de sang.
Mais son affreux plaisir ne dure pas longtemps
Car jamais assouvie la macabre canaille

A besoin sans arrêt de mort et de malheur.
Chevauchant son balai de néfaste sorcière,
Errant ici et là par toute notre Terre,
Elle sème partout désolation et peur.

Tout est brûlé et nu juste après son passage.
Des femmes saccagées et des hommes en croix
Jalonnent ses chemins. Et seule crie sa voix
Qui dispense partout son sinistre message…

Mais son oeil n’a pas vu sur le bord d’un fossé
L’éclat d’un rameau blanc, fragile et minuscule :
Est-ce une pâquerette ? Une grêle plantule
S’accrochant fermement au sol stérilisé,

Dont la Guerre ignorante a épargné la vie.
Venant juste de poindre hors d’un tas de terreau
Elle explose au soleil, et l’atroce bourreau
Par un simple bourgeon pourrait être asservie !

Car du joli bouton, un monde peut jaillir :
Peut-être bien la joie, et les multiples pousses
D’un tout nouvel espoir venu à la rescousse.
A cause d’une fleur, la Guerre peut mourir…


© Vette de FONCLARE


pVette de Fonclare
(1937-aujourd'hui)
Installée en Provence, Vette de Fonclare est originaire de Lorraine et a été professeur de Lettres. Auteure de livres pour enfants, elle a également publié un recueil de poésie. A noter qu'elle a remporté de nombreux prix de poésie.
De la même autrice :
On est bien dans
le Sud
Je n'aime pas l'été

Son blog :
→ Poèmes en Provence

→ Sa biographie sur Wikipédia

Posté le 16/03/2022

A toi, enfant ukrainien

Une main détachée dans l’éther
celle d’un enfant qui dort
oublie ô bel ange de ta patrie la misère
oublie les hyènes humaines qui déchirent encore les rêves et la chair
oublie de ta peau éclosion d’innocence
sur un matelas blanc d’éternel silence
l’humide menace et l’horreur desséchée de la guerre
maintenant     dors dans un nuage d’éther
laissant convoler avec les oiseaux originels ta pensée divine et claire...

l’amour inné te portera au-delà des plus belles frontières
oublie enfant nôtre sur un matelas blanc d’éternel silence
oublie encore     encore
tu vois glisser tes phalanges dans la pureté de l’éther
tu trouves dans l’inconnu ton cœur-fleur fragile et puissante...

oui     il est un royaume où la douceur est victorieuse !

Il est un lieu où sonne la cloche du ciel   transparence mélodieuse
et tout bruit tout autour est vaincu par celui de la seule gloire

À toi, enfant ukrainien

© Marine ROSE


pMarine Rose
(1992-aujourd'hui)
[Nom de naissance : Wharmby]
Marine Rose est née à Annecy en 1992. Elle passe un baccalauréat scientifique avant de rejoindre une école d’ingénieurs agronomes à Toulouse, puis change de parcours pour des études de droit. Après de dures épreuves de santé naîtra dans son cœur l’appel d’une vocation de poète. A 20 ans, elle publie son premier recueil aux éditions Stellamaris, intitulé « Poèmes à cœur » sous le pseudonyme de Bamby. Au total près d'une dizaine de recueils dont Ruisseaux d’opales suivi de L’île aux hiéroglyphes qui obtient le prix Jean Giono 2020 de la Société des Poètes Français. Son dernier recueil L'Ange du silence (2021) est à découvrir ici.
→ Sa page Facebook

Posté le 15/03/2022

Un peuple déchiré...

Un peuple déchiré
Un peuple déraciné
Un peuple assassiné
Un peuple persécuté
Un exode massif
Des enfants si chétifs
Qui n'ont plus de maison
Mais pour quelle raison
Ce cruel désespoir
Juste la soif du pouvoir
Absurde, totalitaire
Injuste et arbitraire
Qui provoque l'horreur
Et détruit tout bonheur
Vous vous relèverez
Comme vous l'avez tant fait
À nouveau dans vos yeux
Viendront des jours heureux

© Claudine LOUTREL


Claudine Loutrel
Claudine Loutrel est convaincue que sa
sensibilité slave guide sa plume. Depuis
l’enfance, elle retranscrit ses émotions sous forme de vers. Très studieuse à l’école, la lecture est son passe-temps favori. Ses obligations familiales la contraignent à oublier sa vocation de médecin. À présent à la retraite après une carrière passionnante, elle s’adonne à la
lecture, au théâtre, au piano et à l’écriture.
Elle vient de publier son premier recueil Poèmes de la vie aux éditions Baudelaire (mai 2022).
→ Sa page Facebook

Posté le 14/03/2022

Printemps 2022

Comment peut-il y avoir un printemps en Ukraine
Quand on n’y sème que des obus comme graines ?
Quand n’y fleurit que des feux et que le malheur
Seul, y bourgeonne, arrosé de cent milles pleurs ?

Comment peut-il y avoir un printemps en Ukraine
Quand le hirondelles sont aéronefs qui gangrènent
Le ciel, pourrissent la terre, broient des gens
Qui ne peuvent fuir flammes et fer les piégeant ?

Comment peut-il y avoir un printemps en Ukraine
Quand ses villes sont du chaos absolu l’arène ?
Quand on ne lui promet, hélas, comme moissons,
Demain, qu’apocalypse, sans plus de façon ?

Comment peut-il y avoir un printemps en Ukraine
En Galice, en Ombrie, en Bavière, en Lorraine,…
Quand l’Ogre de Moscovie dévore l’espoir
Même de son peuple, aussi condamné au noir ?


© Christian SATGÉ


pChristian Satgé
(1965-aujourd'hui)
Auteur prolifique, fabuliste et conteur éclectique, Christian Satgé est professeur d'histoire-géographie dans le département des Hautes-Pyrénées. Il a publié plusieurs recueils et près d'une trentaine de ses textes figurent dans Le Monde de Poetika.
→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
Son blog :
→ https://lesrivagesdurimage.blogspot.com/

Posté le 11/03/2022

Sous le soleil...

Sous le soleil ... nos drapeaux hissés
L'aube déploie des oasis de liberté
Libre à vous de nous suivre.. nos pas sont de cendres et de tonnerres sourdant
Dans l'abîme où nous sommes versés, tout est de sang
Ici des mains s’empoignent avec des regards de frère
Là-bas, les étreintes ne sont que des faux-amour
Il n'y a plus que folies dans l'ordre des choses
La mère avale ses larmes et le soldat se lacère à la rose
Au loin comme des murs se dressent les frontières
Mon pays . Je le dis : c'est ma mère et emplit toute la maison

La guerre, ô la guerre
Est un douteux combat
Ensanglantée d'horreur
Sans espoir et sans honneur
Humilie même le vainqueur
C'est la fabrique des veuves et des orphelins
La guerre, quel espoir inhumain

Que vienne le soleil redessiner les lentes saisons
Car en nous la nuit règne plus que de raison
Sur les traces de nos pères nous avons survécu
Mon regard porte là où poindra le salut
Donnez-nous à voir le jour.. l'au-delà de l'homme
De nos bras ouverts au pays libéré.. voyez ce que nous sommes
Nous sommes les otages du jour s'esquissant
Car au fond de nos cœurs.. nous savons que nous n'empoignerons que le néant


© Georges RODA-GIR


Georges Roda-Gir
Très présent sur les réseaux sociaux, Georges Roda-Gir publie également dans des revues de poésie en ligne et forums de poésie.
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Posté le 11/03/2022

Exode

Ils ont peur, ils ont froid
Ils serrent leurs enfants
Tendrement dans leurs bras,
Ils fuient, ils sont vivants

Mais pour combien de temps ?
Ils marchent, ils marchent encore,
Dans la neige et le vent
Pour éviter la mort.

Les bombes leur ont tout pris,
Leurs maisons sont détruites,
Ils avancent sans bruit,
Triste et troublante fuite…

Ils ont peur, le coeur fendre,
Ils s’en vont quelque part
Où ils pourront attendre
Un tout nouveau départ.

Et nous sommes impuissants
Devant tant d’injustice,
Le bruit assourdissant
De ces larmes qui glissent

Sur les joues des enfants...

 

© FLORE


pFlore
Écrire est la passion de Flore. Au travers de ses poèmes, elle essaie de transmettre ses émotions et au travers de ses émotions l’amour du partage.
Elle a publié deux recueils La Poésie de Flore, tomes 1 & 2 chez TheBookEdition.
→ Découvrir son dernier recueil
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Posté le 11/03/2022

La voix des héros

L’enfer répand sur le monde
sa poudre de néant fade,
ses pluies de tisons,
tout sombre
dans le tourbillon de l’infâme
mais au cœur de l’apocalypse
résonne la voix des héros :
La mort peut bien tout brûler.
perforer les poumons de l’espoir,
arracher les ailes des anges
et réduire en cendres les cieux,
il y aura toujours un regard
qui resurgira du temps,
dans les vagues de mille hasards
il y aura toujours le sang
qui palpite et crie dans les veines :
À la vie, éternellement.

La petite Russe et la petite Ukrainienne

« Viens on va jouer
ensemble dans les nuages,
nos pères sont tombés
de part et d’autre de l’orage,
ma jumelle condamnée
au même enfer que moi,
les grands ont oublié
leur âme d’enfant, je crois... »

Et je cite à nouveau cette citation de Jacques Prévert, extraite de son texte « Rappelle-toi Barbara » :
« Quelle connerie la guerre ! »

La mort avance à grand fracas

La mort avance à grand fracas.
Ses pas de monstre et ses flammes
réduisent en cendres la joie,
ouvrent la porte aux larmes...
Ces vies volées en éclat,
ces enfants qui ne verront plus
le soleil prisonnier des rois
qui se l’arrachent à corps perdus...
Et l’absurde qui se répand
comme une vague de lave
la terrible malédiction
des pulsions macabres,
les hommes d’un bord et de l’autre
que l’on force à prendre
les armes
alors qu’ils ne rêvaient que d’amour
sur une plage de sable...
10/03/2022

 

© Parme CERISET


pParme Ceriset
Passionnée de poésie et membre de la Société des Poètes Français, rédactrice à La Cause littéraire, surnommée « la plume Amazone » pour son tempérament très indépendant et son attachement suprême à la liberté. Parme Ceriset navigue entre Lyon et le Vercors où elle puise son inspiration. Son roman autobiographique Le serment de l'espoir - Que la vie souffle encore demain paru chez L'Harmattan, fait écho à son parcours totalement atypique. Elle a grandi avec une maladie rare, a exercé en tant que médecin puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Dans ce roman qui est une ode à la Vie, à l'Espoir, à la Nature, à la Passion, à l'Amour et à la Liberté, elle défend une conception artistique de l'existence en déroulant le récit par petites touches, comme une fresque impressionniste. Parme Ceriset est également dessinatrice. Elle est fascinée par la vie sauvage et le monde animal, par la spiritualité et son expression artistique depuis l'aube immémoriale du monde et de l'humanité. Sur le plan philosophique, elle considère la poésie, selon ses propres mots, comme "un acte de résistance contre le non-sens et la mort". Son Graal absolu est la "liberté libre" de Rimbaud, qu'elle poursuit elle aussi, parfois jusque dans les ténèbres, éclairée par le flambeau inextinguible de sa foi en la vie et en l'Amour universel. Elle se définit comme humaniste, écologiste, féministe et pacifiste. Sa devise : "N'appartiens qu'à toi-même et au souffle du vent." (Extrait de son recueil "N'oublie jamais la saveur de l'aube", 2019.)
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Posté le 11/03/2022

J'y suis pour rien

J’y suis pour rien dit le soldat
J’obéis quand ça vient d’en haut
Et pour tout vous dire, moi j’sais pas
Qui sont les bons et les salauds
J’essaye de tenir au combat
Et sans approcher l'échafaud
Pour revoir ma femme, mon p’tit gars
Qui joue à la guerre pour de faux

J’y suis pour rien dit l’marchand d’armes
C’est vrai que j’me suis enrichi
Avec du sang et puis des larmes
Mais il faut bien gagner sa vie
Et puis franchement, juste entre nous
Moi j’appuie pas sur la gâchette
J'pensais pas qu'il s'rait assez fou
Pour faire exploser la planète

J’y suis pour rien dit l'dirigeant
Quand je l'ai invité ici
Le contexte était différent
C'était par pure diplomatie
Dîtes-moi qui aurait pu prévoir
Qu'il ne jouait pas la comédie
On n'a pas l'habitude de voir
Quelqu'un qui fait tout ce qu'il dit

J’y suis pour rien dit l’dictateur
Mon obsession, c'est le pouvoir
J’ai attendu et c’est mon heure
De rentrer dans les livres d’Histoire
Ils peuvent lever leurs belles pancartes
J'en ai ma claque de discuter
Maintenant, je redessine la carte
Un bouton rouge à mes côtés

J’y suis pour rien dit le gamin
Je me planque derrière ce pylône
Et j'me demande pourquoi l'humain
En grandissant perd ses neurones
Cette guerre me dépasse totalement
Pourtant, c’est moi qui vais trinquer
C’est toujours les plus innocents
Qui partent là-haut en premier


© Gauvain SERS


pGauvain Sers
(1989-aujourd'hui)
Auteur-compositeur-interprète, Gauvain Sers est originaire de la Creuse et parisien d’adoption. Leprest, Souchon, Renaud, mais aussi Dylan, Niel Young… c’est sa dope à lui. De ses aînés, il a capté le sens de l’humanité. La fraternité. Pour le reste, il s’est débrouillé comme un grand. Quand il dégaine ses chansons de circonstance, guitare en bandoulière, Gauvain touche par la précision de son verbe et la sincérité de son interprétation. Habile mélodiste, faiseur de portraits, ses chansons ciselées naviguent entre humour, tendresse et révolte. [Crédit : David Desreumaux]
Site officiel : → https://gauvainsers.boutique/
→ Sa biographie sur Wikipédia

Posté le 08/03/2022

Flétrissure

Au plus près de l’aube, un souffle marin

Envahit chaque berge de mon âme.

Et derrière la porte du matin,

Mon cœur, pénitent, expire son blâme.

...

D’ici, j’entends battre le pouls du vent

Qui se glisse entre les forêts de chênes.

La saison sort de son baraquement

Pour ranger enfin ses vieilles alênes.

Le corset au dos des souvenirs nus,

Une ombre s’accroche aux vieilles murailles.

Mais, l’herbe reverdit sur le talus,

Des bulbes chuchotent dans les broussailles.

Les mots se flétrissent sur le ruban

Quand au loin mais si près, la guerre harponne

Des civils prisonniers de ce carcan.

L’espoir s’efface et le monde frissonne.

Jusqu’au bout de l’heure errant au hasard,

S’effile la déraison qui calcine

Les hommes s’emparant d’un étendard

Afin d’enfler encore leur vitrine.

...

Au-dessus de nos têtes, l’horizon

Vide sa ruche aux paupières si lourdes.

Demain, pourrons nous lâcher un ballon

En étant débarrassé des lampourdes.*

-----
* La lampourde est une mauvaise herbe de printemps au sens propre.


© SEDNA


Sedna
Résidant en Charente-Maritime, Sedna a toujours eu la passion des mots. Elle aime les rimes et travaille principalement avec le Traité de Sorgel en poésie classique. Elle aime la mer, le ciel qui sont ses sources d'inspiration permanente. La sauvegarde de notre planète est l'une de ses préoccupations.
→ Voir la liste de tous ses textes sur le site
Son site :
→ http://www.cassiopee17.fr/

Posté le 07/03/2022

À vous qui défendez l'Ukraine

Ombres et lueurs sous les abris
dans les tranchées, sous les barricades
affamées, blessées, malades.

Ombres et lueurs sur les routes
dans les trains, main dans la main
insoumises aujourd'hui et demain.

© Suzanne GRANGET


Suzanne Granget
(Nom de plume : Suzâme)
Suzanne Granget est co-fondatrice de l'association Nanterre PoéVie créée en 2005. En 2013, elle publie à compte d'auteur son premier recueil de poèmes Ecrits sur ma paume. En 2015, elle quitte la région parisienne pour le Berry et anime plusieurs ateliers d'écriture sous le nom de Nids d'écritures en Berry. Récemment, elle a dirigé un atelier Poésie pour l'association Rythme et Expression à La Châtre.
De la même autrice :
Beauté, les yeux fermés
→ Le blog de Suzâme
→ Sa page Facebook

Posté le 06/03/2022

Ykpaïha *

Dans cette boucherie toute en asymétrie
En coupables mensonges et  en effronteries,
Tu écris en grand « Liberté » Ukrayina

Sur le bleu de ton ciel que les obus strient
Avec le sang versé de ton peuple meurtri
Tu graves « Souveraineté » Ukrayina

Sur le jaune de champs que les chars ont flétri
Sous les décombres fumantes où gît ta patrie
Tu as inscrit « Identité » Ukrayina

Face à ce tyran de certitudes pétri
Qui t’a envahie et n’en sera mie contrit 
Tu cries haut toujours « Dignité » Ukrayina

Alors que ta fine fleur au loin s’expatrie
Pour fuir la moscovite coupable industrie
Lève-toi encore et résiste Ukrayina…

-----
* Ykpaïha : Ukrayina


© Christian SATGÉ


pChristian Satgé
(1965-aujourd'hui)
Auteur prolifique, fabuliste et conteur éclectique, Christian Satgé est professeur d'histoire-géographie dans le département des Hautes-Pyrénées. Il a publié plusieurs recueils et près d'une trentaine de ses textes figurent dans Le Monde de Poetika.
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Posté le 05/03/2022

Ô douleur...

Ô douleur
Où est la paix
Ô que d'heures terré(es)
A ne penser qu'à une chose
Ne pas crever
Sous des heures de glaives
En des secondes agglutiné(es)
Tel des fourmis pour une terre
Ô douleur
Où va ce fou
Vers où
Qu'en est il de l'humain
Où est il ? J'ai faim de paix
De silence, de mains
Elles se tendent
Vers où
Ô douleur
Les entendez vous
A vos portes , à genoux
Supplier juste la liberté
La paix, d'encore de fusils
Jusqu'où ce monde ira
Vers toujours plus
Toujours tant de larmes
Ô douleur
Mon cœur saigne
Le sang est à nos portes
Pas loin, j'ai peur
Ils meurent ….....

 

© Perle de Perle


Perle de Perle
Présente sur les réseaux sociaux, cette auteure publie également dans différentes revues en ligne (L'Instant Poème, Dix Vins Blog).

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Posté le 04/03/2022

J'ai froid

J'ai froid
Des humains gisent dans le sang
Leur seul refuge sera cendre
Le sang écrit d'autres paroles qui sont muettes
Glaçantes

J'ai froid
Le monde brûle et des enfants
Leur seul refuge sera cendre
Les fumées âcres des forêts qui vont aux villes
Brûlantes

J'ai froid
Les bouches hurlent tout fait silence
Leur seul refuge sera cendre
Les mots indignes font suite aux flammes
Indifférentes

J'ai froid
Tes mots écharpes autour du cou
Mon seul refuge au bord des cendres
La parole fait cœur l'écriture fait lien
Consolantes

 

Ecrire ici

Écrire ici
Parler d’amour
N’est pas cacher ou bien se taire
La terre tremble sous nos pieds
Un peuple crève à quelques lieues
Nous pleurons tous
Nous hurlons tous
Nous avons peur
Pour eux
Pour nous
Je le sais bien
Et je l’écris
Et je le crie
Je tiens ma place
Je prends mon rôle
La nuit ici n’est pas complète
Il y a les fleurs et les oiseaux
Je te les tends
Je te les donne
En contrepoint
En survivance
Que tu t’apaises
Reprennes force
Ouvres les bras à ceux qui viennent
Sois moins inquiet
Pour résister
Pour espérer
Écrire ici
Parler d’amour
N’est pas trahir ou bien mentir
Écrire ici
Faire lumières
C’est nous tenir pour les aimer
Pour nous aimer

 

© Jean DIHARSCE


pJean Diharsce
(1954-aujourd'hui)
Jean Diharsce a deux enfants et a choisi de poser ses pas et son amour en cette Bretagne du Nord qui ressemble tant à son Euskadi d’origine qu’il aime pour sa rudesse douce et sauvage. Homme de mer et de terre, il ne cesse de marcher sur tous les sentiers de ce pays et de ses îles. Humaniste amoureux de l’utopie, il est de tous les engagements écologiques, solidaires, universalistes. À poète, il préfère écriteur, activité qu’il exerce sans discontinuer depuis 50 ans. Il est l'auteur de plusieurs recueils.
Du même auteur :
Sans doute que peut-être
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Posté le 03/03/2022

À la gare de Kiev

L’homme part au combat, la femme on ne sait où,
A la gare de Kiev, leurs deux regards sont flous,
Un ballet de mouchoirs, lorsque le train démarre,
L’intimité détonne avec le tintamarre.
Reverra-il un jour l’épouse et son gamin ?
Il se dit, « A Dieu va !», lorsqu’il baisse la main ;
Pourquoi donc cette guerre absurde et dérisoire ?
Car un tyran borné veut rentrer dans l’histoire ;
L’infâme y rentrera, oui mais par les égouts,
Le Kremlin quant à lui devient la nef des fous !
Combien de jeunes gens au lien de cousinage,
Sont-ils prêts à mourir à la fleur de leur âge,
Dans un combat douteux, sans rime ni raison ?
Il est dur de partir à la belle saison !
A Moscou et à Kiev, c’est la même détresse,
Car dans les deux cités c’est la même jeunesse,
Que voudrait sacrifier sur l’autel du néant,
Un nain dégénéré qui se croit un géant.
La Russie a le mal du totalitarisme,
Le rêve de grandeur est dans son atavisme,
Staline avait en lui l’ADN des tsars
Et Poutine se prend pour un nouveau César.
Nous souffrons en voyant cette Ukraine qui saigne,
Mais ces mœurs à Moscou sentent la fin de règne,
Il est temps d’arrêter ce massacre insensé,
Et de dire au futur qu’il n’est pas le passé.
A la gare de kiev, l’homme reprend son arme,
Sa femme dans le train soupire entre deux larmes.

© Jacky COURALET


Jacky Couralet (1953-aujourd'hui)
Retraité de la Fonction Publique Territoriale, Jacky Couralet est un passionné de poésie. Eclectique, il écrit dans tous les registres : de la veine austère à la veine satirique, voire loufoque ! Il adore aussi le scrabble et a une approche ludique des activités cérébrales.
Du même auteur :
Souvenirs de mes automnes 
La nuit
Blues de septembre 
→ Sa page Facebook

Posté le 03/03/2022

Ivan Pidkova

Il fut un temps, en Ukraine,
Où les canons grondaient ;
Il fut un temps où les Zaporogues
Savaient régner.
Ils régnaient et gagnaient
Leur gloire et leur liberté ;
Cela est passé, seules sont restées
Des tombes dans la plaine.
Hautes sont les tombes
Où sombrèrent dans le repos
Les corps blancs des Cosaques,
Drapés dans une toile écarlate.
Hautes sont ces tombes,
Noires, semblables aux montagnes,
Qui conversent à voix basse, dans la plaine,
De la liberté avec les vents.
Ces témoins de la gloire des ancêtres
Discutent avec le vent,
Tandis que leur descendant porte sa faux
dans la rosée,
En reprenant leur chant.
Il fut un temps, en Ukraine,
Où le malheur dansait,
Le chagrin s’enivrait à la taverne
D’hydromel par seaux entiers.
Il fut un temps où il faisait bon vivre

En cette Ukraine…
Souvenons-nous-en ! Notre cœur, peut-être,
Connaîtra un répit.

Peu m'importe

Peu m’importe
De vivre ou non en Ukraine.
Que l’on se souvienne de moi ou que l’on m’oublie,
De moi dans ces neiges étrangères.
Cela m’importe peu.
En captivité, j’ai grandi avec des étrangers,
Sans que les miens ne me pleurent,
En captivité, en pleurant, je mourrai
Et j’emporterai tout avec toi
Ne laissant même pas une seule petite trace
Dans notre glorieuse Ukraine,
La nôtre – qui n’est plus notre propre terre.
Et le père dans ses souvenirs,
Le père ne dira pas à son fils : « Prie,
Prie, mon fils : pour l’Ukraine
Il fut torturé jadis.  »
Peu m’importe, si demain,
Si ce fils priera, ou non…
Mais ce qui m’importe réellement
C’est de constater qu’un ennemi ignoble
Endort, dérobe et consume l’Ukraine
La volant et la violant …
Ô, comme cela m’importe !

Traduction de Jacky LAVAUZELLE
© Taras CHEVTCHENKO


pTaras Chevtchenko
(1814-1861)
Poète, peintre et humaniste ukrainien, Taras Chevtchenko est considéré comme l'un des plus grands poètes romantiques de langue ukrainienne. Né esclave dans une famille de paysans serfs au sud de Kiev, il est devenu l'icône populaire de la résistance à l'oppression, aussi bien en 2014 lors de la révolution de Maïdan qu'aujourd’hui face à l'invasion russe. De ses 47 ans, Chevtchenko en vécut 10 au servage et 10 en exil. Sa vie tragique et son amour pour son pays et sa langue reflètent dans l'imaginaire de ses compatriotes le destin du peuple ukrainien qui lutta à travers des siècles pour sa culture et sa liberté. L'influence de son œuvre dans la vie culturelle et politique de l'Ukraine est immense. Taras Chevtchenko est « le poète national » des Ukrainiens.

→ Sa biographie sur Wikipédia

Posté le 03/03/2022

Un despote... éteint

Ô Russie dont un fleuve a de l’amour le nom,
Un tsar de pacotille a flétri ton renom !
Piteux toréador conspué dans l’arène,
Cet infâme tyran veut conquérir l’Ukraine,
Un pays qui hier s’est démocratisé ;
Le but de ce conflit est de réaliser
Le rêve extravagant confinant au délire,
D’un amant du passé obsédé par l’empire.
Ubu est revenu ainsi que ses méfaits,
Il n’est pas encor fou, mais le plus dur est fait ;
Chez Tolstoï il n’a pas pris la paix mais la guerre,
En despote attaché à jadis et naguère ;
Ô Russie, savais-tu qu’un boyard(1) de comptoir,
Enverrait tes enfants un jour à l’abattoir ?
De ce vaste pays il réécrit l’histoire,
Des fantasmes brumeux lui servent de mémoire ;
Que ne se souvient-il du siècle de Voltaire,
Où tsarines et tsars admiraient nos « lumières » ?
A moitié Don Quichotte, à moitié Tartarin,
Poutine, c’est son nom, habite le Kremlin ;
Le dictateur cynique a fait tomber le masque,
Pour le symbole il l’a remplacé par un casque ;
Les conscrits ukrainiens ont quitté leur tribu,
Pour combattre à la mort entre chars et obus ;
D’un côté c’est les armes et de l’autre les larmes,
L’Amérique s’inquiète et l’Europe s’alarme ;
Tandis que leur armée, brave, monte à l’assaut,
De nombreux ukrainiens vont quitter leur berceau,
Pour ne pas avant l’heure émigrer dans la tombe,
Ils délaissent leur nid, sonnés, entre deux bombes.
Une démocratie d’une autre étant la sœur,
Car elles sont unies par les mêmes valeurs,
Nous leur accorderons bien sûr le droit d’asile,
Et chez nous ils pourront élire domicile.
Ignorant de quel chef ils allaient hériter,
Les Russes n’ont pas eu celui qu’ils méritaient ;
Eux qui voulaient la paix, ils ont eu Picrochole ;
Puisse ce va-en-guerre, un jour finir en geôle !
Quel niveau inégal entre deux conquérants :
Poutine le petit, Alexandre le Grand !

 

© Jacky COURALET


Jacky Couralet (1953-aujourd'hui)
Retraité de la Fonction Publique Territoriale, Jacky Couralet est un passionné de poésie. Eclectique, il écrit dans tous les registres : de la veine austère à la veine satirique, voire loufoque ! Il adore aussi le scrabble et a une approche ludique des activités cérébrales.
Du même auteur :
Souvenirs de mes automnes 
La nuit
Blues de septembre 
→ Sa page Facebook

Posté le 04/03/2022

Invasion ennemie

Personne n'y croyait, c'est bel et bien advenu
A peine surgi d'une sortie de pandémie
un monde ébahi retrouve le pas des bottes
Il réapprend le chaos de l'acier et du fer

Quand s'épaissit soudain l'atmosphère
au point de s'inventer irrespirable
l'humain acculé se doit de recourir
aux forces des plus infimes joies

Quand désir est surmonté par le doute
qu'au profond de nous il se terre
et qu'au fil égrené des nuits
s'invite l'inattendu ennemi

le devoir est d'y faire face et
de recourir aux sources
du cœur et de son intime foi

© Jeannine DION-GUERIN


pJeannine Dion-Guérin
(1933-aujourd'hui)
Femme de lettres, poète, comédienne, conférencière, animatrice de radio française, Jeannine Dion-Guérin a exercé auprès de l'Education nationale comme directrice d'école maternelle. Depuis sa retraite, elle se consacre entièrement à la poésie, au théâtre et à la radio.
Son blog :
http://jeanninedion.canalblog.com/

→ Sa biographie sur Wikipédia

Posté le 04/03//2022

La guerre les gares !

La guerre les gares !

La guerre l'égare 

La peur pâleur

Bouffi poutine fit boue

dans sang des enfants

Debout Mamans !

 

C'est l'heure hop !

Le virus puis la vie russe

Encore en corps

dansant des enfants 

vie vent

Debout Mamans ! 

© Pierre ELETUFE


Pierre Eletufe
Aucune biographie sur cet auteur.
Publié dans :
«  La guerre les gares ! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poépolitique « Stopper la guerre en Ukraine : lettre ouverte des personnes révoltées », mis en ligne le 1er mars 2022. 
→ http://www.pandesmuses.fr/ukraine/pe-la-guerre

Posté le 04/03/2022

L'espérance

Je n'ai plus ni bonheur ni liberté
Une seule espérance m'est restée :
Revenir un jour dans ma belle Ukraine,
Revoir une fois ma terre lointaine,
Contempler encore le Dniepr si bleu
-- Y vivre ou mourir importe bien peu --,
Revoir une fois les tertres, les plaines,
Et brûler au feu des pensées anciennes...
Je n'ai plus ni bonheur ni liberté,
Une seule espérance m'est restée
-----

Traduction de Henri Abril


© Lessia OUKRAINKA


pLessia
Oukraïnka(1871-1913)
Ecrivaine, critique, traductrice et poètesse ukrainienne, Lessia Oukraïnka est la deuxième figure nationale de la littérature ukrainienne après Chevtchenko. Autod
idacte car la tuberculose l'empêchait de fréquenter l'école, elle était polyglotte sachant parler anglais, français, allemand, italien, polonais, russe, bulgare et sa langue maternelle, l'ukrainien. Qualifiée de Madone ukrainienne, elle était l'une des personnes les plus cultivées de son temps. Elle s'est aussi engagée activement en politique, en féminisme, et fréquentait des marxistes et des sociaux-démocrates.
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