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POUR TOI MAMAN
(prose poétique)
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A Fred
Un enfant regarde sa mère avec enchantement, puisque elle est son commencement. Dans des plaisirs à peine nés, il exprime sa joie dans cet amour mêlé, lui qui veut et attend tout de la mère qui guette, aime, protège et n'abandonne pas. L'enfant, dans sa détresse qui déchire, s'étonne des yeux purs de sa mère et goûte ses mains à la douceur d'une plume. Il peut être la candeur venue du ciel ou le despote qui trouble les nuits. Sans prendre garde, il est déjà le spectre de l'adulte qui ment et trahit. Ainsi, dans l'innocence de l'enfant qui joue et rit, s'éveillent, dans les ténèbres de l'ignorance, des tyrans ou pire, des penseurs malveillants ou des bienfaiteurs qui n'existent pas. Pourtant, l'enfant naît avec le respect inné de ses parents que dicte l'inconscient de son amour filial, celui qu'il sait mais qu'il tait parfois. Enfant ! garde-toi, ne frappe pas !
Pour toi, maman
Tu vis dans l'éclat de mes pensées. Le cour, quand il dit vrai, n'est que l'infinitude des sentiments. C'est dans cette infinitude et cette vérité sublime que je te vois. Je ne sais quel froid sur ton visage si doux brise en chaque étoile les espoirs de tes lendemains, celui du temps qui passe, de ses heures qui, telles des feuilles froissées, froisse tes jours parfois si tristes. Oui, maman, vis avec les roses, car chacune d'elle éclose est une ode à la vie. Ceux-ci partent, ceux-là restent, moi, je veux que tu demeures dans tous les printemps qui te restent, parmi le velours de nos campagnes, afin qu'il puisse te regarder comme une fleur le long de ses frais sillages et de ses vertes trouées. Tandis que ce temps détruit les beautés formidables de l'existence, tu as toujours su regarder par delà les ombres moroses, mieux qu'un hymne à la vie, tu as su respirer l'air parfumé des rosiers. Oui, maman, vis avec les roses, car chacune d'elle éclose est une ode à la vie. Sans toi, l'univers ne serait que l'antre noir où la vie se tairait de ses grandes voix solennelles. Sous les épaisseurs muettes de tes peines, tu crées tous les langages et chasses les haines maudites. Mère ou grand-mère qui chérit, tu as sorti de tes entrailles et tirés d'un néant mystérieux, des cours, des esprits à qui tu as insufflé la vie. Tandis que, oubliant tout ce dont tu as rêvé, portant sur tes traces d'immenses douleurs, tu as su tisser le fil précieux de l'harmonie pour prendre tous les cours dans la fragile toile de l'amour. De ta beauté qui fût, et qui pour moi sera toujours, à l'âpre froid de l'hiver qui marque déjà tes joues, je baise d'un sanglot ton front si beau, si doux. Oui, maman, vis avec les roses, car chacune d'elle éclose est une ode à la vie. Quand de tes yeux coulent tes pensées, au ciel elles se révèlent ; il te voit belle et sereine. Nulle épine ne saurait égratigner ce si bel héritage qu'est l'amour qui unit l'enfant à sa mère bénie. Je vois à travers tes larmes le versant rougissant du soleil couchant qui, telle une prière, s'avance lentement vers ta future nuit. Nous irons un jour, je te le promets, dans le joyeux pays des amours et des comptines. Oui, maman, vis avec les roses, car chacune d'elle éclose est une ode à Ta vie.
Ta fille
Nina Ceccarelli
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