
ERRANCE EROS
Au velours de ton sein je promène en silence
Un doigt voluptueux de désir alourdi
Et je sens sous ta peau battre l'appel intense
D'un trouble lancinant encore inassouvi.
Tu me tournes le dos et doucement ronronnes
Comme chatte au mois d'août. D'un index immoral
Je gravis et dévale au fil de ta colonne
Le luxurieux parcours d'un chemin vertébral.
Lentement je visite un, deux, trois monticules
Que trop longtemps Vénus m'avait tenus cachés
Et je cueille en passant, oh ! plaisirs majuscules !
Les cadeaux embaumés des parfums du péché :
Une larme de joie au penchant de ta joue,
Une goutte de sueur à ta source d'émoi
Comme perle d'amour sur ta peau qui se joue.
Au flacon du désir je boirai tout de toi !
La couture d'un bas ensuite je dessine,
Retardant à plaisir l'instant tant attendu.
Soupirs, frémissements. maintenant je devine
Que de t'aimer enfin le moment est venu.
Jac Kallos a publié plusieurs écrits et a remporté le Grand Prix Poétique 2008.
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DESSOUS DE TABLE
Te souviens-tu, Fannie, de ce dîner mondain
Où nous étions assis, attablés face à face,
Quand nos regards fuyants se sont trouvés, soudain,
J'ai bien lu dans tes yeux un appel à l'audace
C'est à dessein, je me souviens, que tu as feint
Poliment, d'écouter un monsieur ennuyeux
Et sur la nappe blanche, vaguement, ta main
Dessinait des lignes aux contours mystérieux
Tu ne disais plus rien, plongée dans tes pensées
Mais j'ai pu deviner les ombres d'un désir
En te voyant ouvrir ton col et t'éventer,
J'ai bien vu sur tes lèvres un invitant sourire
Mon voisin me parlait de la hausse des coûts
Seule, m'intéressait, la veine de ton cou
J'aurais pu la sentir battre au bout de mes cils
Un désir rampant insinuait mes sens reptiles
Sous la table garnie, ont gonflé mes envies
Délaissant mon soulier, j'ai remonté tes cuisses
Une goutte a perlé sur le membre rougi,
J'ai bien senti mon pied atteindre l'orifice
Tant de brutalité me faisait chavirer
Comment dans cette cène conserver la face
Adieu la vie chère, ma chair était diluée
Il s'en fallut de peu que je ne m'esclafasse
Invitée au dessert je remontais ma jupe
Une jambe glissa entre tes deux genoux
Où s'échauffaient les mets de ce repas de dupe,
Ennivrée de plaisirs si complices entre nous
Après un Chavignol arrosé de Bordeaux
La corbeille de fruits servit à nos fantasmes
Tu pris une banane, et moi un abricot,
J'ai bien cru renverser en atteignant l'orgasme...
écrit en duo par Muscaris et Tristanic
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face
DENTELLE
Cette dentelle, affirmation de ta féminité,
Quand le jean unisexe et râpeux
Traîne au sol en bouchon,
Si fine et qui accroche si fort mes doigts à toi
Trempée du sexe qui coule de désir.
Cette dentelle, blanc sur blanc
En bas de ton ventre,
Où mes lèvres s'attachent,
Sous laquelle je sens ton désir s'arrondir
Quand je le gonfle sous ma langue.
Cette dentelle qui s'envole dans la chambre
Pleine de ton odeur, de ton odeur d'envie
De mes mains, de mes lèvres, de mon sexe,
De ta faim, de ta soif de plaisir,
Si fragile et si pleine de toi.
Cette dentelle si remplie de moi
A en craquer et que j'écarte un peu
Pour venir en toi sans en perdre le contact,
Quand ce n'est pas toi,
Dans ton impatience de moi,
Qui l'ouvre avant de me prendre
A pleine main pour me glisser en toi.
Cette dentelle qui alors se tache
De ta jouissance et de la mienne,
Qui te fait comme un souvenir le jour durant.
Cette dentelle, c'est là sa seule utilité,
De retenir les coulures chaudes
De la réminiscence d'un orgasme
Joyeusement partagé,
Que tu gardes en haut de tes cuisses.
François d'Alayrac
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face
SENS DESSUS DESSOUS
Effleure
Doucement tes lèvres
Vestibule de soie et moi
Préparant mon entrée en fièvre
Suspendu au dessus de toi
Vois
Ce duvet cette coiffure
Au milieu de tes jambes nues
Sens
Cette odeur de chevelure
Et de marine confondue
Entend
Ton ventre murmure
Même le mien a entendu
Tu ne dis rien juste une injure
De ta bouche jaillit le vent
Et la liqueur de ma blessure
Goutte
C'est le chant le plus émouvant
André Cayrel
Lauréat du concours international de poésie érotique
Photo :Jean-Louis Grig - Pile et Face
Ton cul est rond comme une horloge
Et quand ma fatigue s'y loge
J'enfile le temps à rebours
Je mate l'heure sous ta jupe
Il est midi moins deux minutes
Et je suis encore à la bourre
Promis demain j'arriv'rai pile
Pour faufiler ma grande aiguille
Sous le cadran de ton bidule
On s'enverra jusqu'au clocher
Et mon coeur comme un balancier
Ondulera sous ta pendule
Dis-moi au chrono de tes reins
Quand passera le prochain train
Combien coûtera le trajet
l'ai tant couru contre ta montre
Voici qu'à l'heur' de la rencontre
Je me sens des doigts d'horloger...
Alain Leprest
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face
PRINTEMPS
Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :
"Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille :
Laisse errer mes doigts dans la mousse
Où le bouton de rose brille,
"Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée,
"Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide,
Comme l'aube l'azur timide."
Paul Verlaine
Photo : Pile et Face
Ma queue éclatait sous tes lèvres
Comme une prune de Juillet
La plume au vent qu'on taille en rêve
N'est pas plus folle je le sais
Que la volage aux amours brèves
Il me souvient de Félicie
Que je connu le jour de Pâques
Et dont la moniche roussie
S'ouvrait en coquille Saint-Jacques
De septembre à la fin Avril
Il me souvient de la dona
Qui faisait l'amour en cadence
Et dont la figue distilla
Un alcool d'une violence
Mais je ne vous dis que cela.
Guillaume Apollinaire
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face
L'AMOUR EST CERISE
Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps pressé
C'est partie remise
Pour aller danser
Autant qu'il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t'aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l'amour de Dieu
Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
O rires et plaintes
O mots insensés
La folle complainte
S'est vite élancée
Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux
O Pierrot de lune
O monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu
Rebelle et soumise
Paupières lassées
Remets ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps passé
C'est partie remise
Pour aller danser
Jean Ferrat
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face

Rimes libertines (acrostiche)
Dans nos nuits
Enrobées de volupté
L‘amour nous donne l'
Ivresse, guide nos
Caresses, appelle nos
Ebats amoureux
Sur notre lit de Plaisir !
Perles de désir
Lascives et ardentes
A u creux de nos reins...
Il dépose l'envie
Sur ma bouche,
Ivre de son corps, je
Réveille sa Sensualité !
Sur ma peau offerte
Elles voyagent mutines,
Nimbant mes seins,
Sculptant sur mes courbes
Un univers de plaisir...
Attisant mes sens,
Langoureuses et tendres,
Insatiables et gourmandes,
Tes lèvres gravent sur mon corps,
Eternelle Volupté !
Vivre avec Toi l'extase
O mon tendre amant...
Libertins et sensuels,
Unis d'une même
Passion, le désir
Tatoué sur nos peaux
Envieuses de Délices !
Avec l'aimable autorisation de Véronique Audelon
Site internet : Au clair de ma plume
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face
Sans dessous
Sans dessus dessous
Envers et contre toi
Nue dans tes dessous
Synopsis pour moi
Ursule de ta moue
Ayons feu de bois
L'âtre semble roux
Il est alors parfois
Très infiniment doux
Et suave d'être soie
Bruno Boulais
Photo : Jean-Louis Grig - Pile et Face