Si la mémoire te fait défaut
Si la mémoire te fait défaut,
Si tu n' te souviens déjà plus,
Alors regarde dans mon dos
Tous les coups que j'ai reçus.
Souviens toi je suis le nègre.
Celui la même qu'on a vendu.
Celui la devenu si maigre.
Celui la même qu'on a pendu,
Sous les yeux de sa tribu.
Si la mémoire te fait défaut,
Si tu ne te souviens de rien.
Alors regarde dans mon dos
La trace de morsure des chiens.
Souviens donc toi je suis le juif.
Qu'on a déporté un matin.
Pour faire du feu pour faire du suif.
Celui la même mort de faim,
Sur le cadavre de qui l'on pisse.
Si ta mémoire te fait défaut,
Si tu n'te souviens plus du tout.
Alors regarde dans mon dos,
Je suis brûlé un peu partout.
Souviens toi je suis vietnamien.
J'habitais prés de Diên Biên Phu.
De mon village ne reste rien.
J'avais huit ans mais tu t'en fou,
T'avais massacré tous les miens.
Si ta mémoire te fait défaut,
Si tous tes souvenirs s'enfuient.
Alors regarde dans mon dos,
Je porte le destin des harkis.
Souviens toi je suis le bougnoule.
Qu'on a jeté dans un ghetto.
Le vieil arabe que l'on refoule.
Qu'on chasse du pied comme un cabot,
En le traitant de sale bicot.
Si ta mémoire te fait défaut,
Si tu prétends ne plus savoir.
Alors regarde dans ton dos,
Tu as semé le désespoir.
Regarde moi, je suis d'ici,
Sans travail et sans logement.
Moi je suis né dans ce pays.
Mais tous mes frères ne sont pas blancs.
Non tous mes frères ne sont pas blancs.
Non tous mes frères ne sont pas blancs.
Petite balade pour ma Bretagne
Moi je viens d'un pays,
Sans neige, sans montagne,
Fait de vent et de pluie
Mais de soleil aussi,
Car je viens de bretagne.
C'est un pays de pierres,
De brumes sur la lande
Où la mer est plus belle
Qu'une colline d'Irlande,
Où jamais rien n'arrête
Les contes et légendes.
Si face à l'océan
La roche se fait dure,
Nos filles au printemps
Ont des âmes d'enfant
Et le cour tendre et pur,
Filles à marier,
Ou femmes de marin.
Quand au son des binious
Dansent et claquent les sabots,
C'est la fête qui secoue
Etables ou Landerneau.
Il y a dans les genêts,
En avril fleurissant
Du jaune et du doré
Que cueillent les enfants
Comme ceux de par ici,
Pour de jolies mamans
Aux regards attendris.
Et pendant tout ce temps,
Inlassable et si belle,
La mer mariée au vent
Se pare de dentelles.
J'ai dans mes souvenirs
Des amours d'enfants
Cachés par les menhirs,
Les passions de huit ans
Sont de bels amours,
Le cour est encore blanc
Et tout rime à toujours.
Comme ce pays breton
Me manque si souvent,
J'accroche à ma chanson
Ses drapeaux et blasons.
Et s'il vient à couler,
Une larme salée
Jusqu'au coin de mes lèvres,
C'est comme si sur la grève,
Une vague venait
Du breton paysage
Caresser mon visage.
Car je sens sur ma bouche,
Ce goût d'éternité,
C'est la mer qui se couche
Et se meurt à mes pieds.
Moi je viens d'un pays,
Sans neige, sans montagne,
Fait de vent et de pluie
Mais de soleil aussi
Car je viens de Bretagne,
Oui je viens de Bretagne,
De Bretagne.
Allan Bleck, citoyen du monde : découvrez son site ici